L’accord de prêt conclu entre le Burkina Faso et l’Association internationale de développement (IDA), signé le 13 juillet 2024 pour le financement du Projet de Sécurité de l’Eau au Burkina Faso (PSE-BF) au profit du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, a été ratifié à l’unanimité par les députés de l’Assemblée législative du Peuple (ALP), ce lundi 29 juin 2026, au cours d’une séance plénière.
Les 57 députés présents ont voté en faveur de la ratification de cet accord de financement, en présence du ministre délégué chargé des Ressources animales, Dr Amadou Dicko, accompagné de ses collaborateurs.
D’un montant de 91 243 618 700 FCFA, ce financement vient renforcer les efforts du gouvernement en matière de restauration, de réhabilitation et de sécurisation des infrastructures hydrauliques du Burkina Faso. Le pays compte en effet plus de 900 barrages, dont l’âge moyen est estimé à 30 ans. Parmi eux, 41 %, soit près de 400 ouvrages, présentent un niveau de dégradation plus ou moins avancé. En moyenne, une dizaine de barrages connaissent une rupture chaque année, avec des conséquences importantes sur les plans humain, social, économique et environnemental.
La mise en œuvre du Projet de Sécurité de l’Eau au Burkina Faso constitue ainsi une réponse concrète aux défis liés à la préservation des infrastructures hydrauliques. Elle s’inscrit dans le cadre du Programme national des aménagements hydrauliques (PNAH) 2017-2030, dont l’objectif stratégique est de contribuer à la lutte contre la pauvreté à travers une croissance économique soutenue fondée sur la promotion des aménagements hydrauliques au profit des différents usages de l’eau.
Prévu pour une durée de 6 ans, le PSE-BF sera mis en œuvre dans 8 régions. La région du Oubri, le Nakambé, le Kadiogo, le Gulmu, le Nando, le Djôrô, le Yaadga et le Guiriko. Le projet contribuera à améliorer la sécurité des barrages, l’accès aux services d’irrigation et à la gestion des bassins versants, tout en renforçant la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
À terme, le projet permettra notamment de sécuriser 60 millions de m³ d’eau de surface grâce à la réhabilitation de 35 barrages. Il prévoit également l’aménagement ou la réhabilitation de 788 hectares de périmètres irrigués, l’empoissonnement de 15 réservoirs d’eau ainsi que la construction de 15 bassins piscicoles.
Le PSE-BF permettra en outre la récupération ou la restauration de 5 000 hectares de terres dégradées, la mise en place et l’opérationnalisation de 80 Comités d’usagers de l’eau (CUE) pour l’entretien des barrages et de 7 Comités locaux de l’eau (CLE) pour la protection et la gestion intégrée des bassins versants. Le projet prévoit également la réalisation ou la réhabilitation de 175 kilomètres de pistes à bétail, l’élaboration et l’adoption de cinq textes réglementaires, la création d’un Fonds de l’eau, la mise en place d’une brigade d’intervention opérationnelle ainsi que l’élaboration d’un Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE) pour un sous-bassin versant.
La ratification de cet accord de financement constitue une avancée majeure dans le renforcement de la politique nationale de gestion durable des infrastructures hydrauliques. Elle contribuera à améliorer la sécurité des personnes et des biens, à renforcer la résilience face aux changements climatiques, à soutenir le développement agricole, à garantir une meilleure disponibilité des ressources en eau et à préserver les investissements publics.
𝗗𝗖𝗥𝗣/𝗠𝗔𝗘𝗥𝗔𝗛
















