La grossesse est jalonnée de moments clés plus riches en émotions les uns que les autres. Parfois la grossesse s’installe sur un terrain difficile, avec des maladies auto-immunes, donc une grossesse difficile. La grossesse avec une maladie auto-immune, nous en parlons avec le Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien.
Une maladie auto-immune est un dysfonctionnement du système immunitaire où celui-ci par erreur attaque les cellules saines de l’organisme. Il ne fait plus la distinction entre les agents pathogènes et les tissus sains provoquant des inflammations chroniques.
Chez la femme enceinte, ces maladies peuvent influencer l’évolution de la grossesse, et la grossesse elle-même peut modifier l’activité de la maladie. Les maladies auto-immunes les plus fréquentes au cours de la grossesse sont :
• Lupus érythémateux systémique
• Syndrome des antiphospholipides
• Polyarthrite rhumatoïde
• Thyroïdite de Hashimoto
• Maladie de Basedow
• Myasthénie
• Sclérose en plaques.
La grossesse avec une maladie auto-immune est considérée comme une grossesse pathologique, nécessitant une planification et un suivi multidisciplinaire. Si la plupart des femmes mènent une grossesse à terme, il faut noter des complications éventuelles possibles :
Complications maternelles
• poussée de la maladie
• hypertension artérielle
• insuffisance rénale
• thromboses (surtout dans le syndrome des antiphospholipides)
Complications fœtales
• fausses couches répétées
• retard de croissance intra-utérin
• prématurité
• mort fœtale in utero
• bloc auriculo-ventriculaire congénital (dans certains lupus)
C’est une grossesse nécessitant un suivi spécialisé. L’accouchement se fait le plus souvent par voie basse, bien que des risques de prématurité et d’insuffisance respiratoire maternelle existent. En cas de complications, la césarienne pourrait être indiquée.
Les femmes atteintes de maladies auto-immunes présentent un risque accru d’insuffisance ovarienne prématurée, ce qui peut diminuer leur chance de devenir mère, en particulier chez les patientes qui doivent retarder leur maternité pour des raisons médicales.
– la grossesse avec une maladie auto-immune est possible mais nécessite une planification rigoureuse avec une équipe médicale.
– Une consultation préconceptionnelle est essentielle pour s’assurer que la maladie est en phase de rémission et les médicaments compatibles.
– Il faut contrôler la maladie auto-immune car débuter la grossesse dans une période calme réduit les risques de complications.
– Un suivi médical rapproché tout au long de la grossesse est recommandé.
– Une surveillance est nécessaire après l’accouchement car certaines maladies peuvent s’aggraver.
Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien
















