L’Indice de Perception des Services de Santé Publics (IPSSB) dévoilé par le Centre d’études et de recherche appliquées en finance publique (CERA-FP) ce 26 juin 2026 établit un palmarès contrasté des performances sanitaires communales. Trois communes dépassent la barre des 80/100, tandis que les infrastructures sanitaires s’imposent comme le défi structurel majeur dans toutes les régions.
Produit dans le cadre de l’enquête multisectorielle ménage 2026, l’IPSSB analyse les performances perçues des services de santé publics à travers quatre dimensions pondérées. Seuls les ménages ayant eu recours à un service de santé public dans les 12 derniers mois ont été interrogés, garantissant ainsi la pertinence des données collectées.
Le top 3 : Tensobtenga, Soaw et Koupéla
Trois communes affichent des performances remarquables avec des scores supérieurs ou égaux à 80/100 :
- Tensobtenga : 91/100 – la référence nationale
- Soaw : 84/100
- Koupéla : 80/100
Ces résultats confirment la dynamique positive observée par ailleurs dans ces territoires, qui dominent également les classements dans les autres secteurs évalués (éducation, WASH, gouvernance).
28 communes en zone satisfaisante
La majorité des communes évaluées se situent dans la zone satisfaisante (60-79/100), au nombre de 28. Parmi elles, on note :
- Dédougou : 79/100
- Guiba : 79/100
- Andemtenga : 78/100
- Korsimoro : 77/100
« Ces scores témoignent d’une base de performance acceptable, mais aussi d’une marge de progression significative pour atteindre l’excellence », indique Hermann Doanio, Secrétaire exécutif du CERA-FP.

Hermann Doanio (au milieu), Secrétaire exécutif du CERA-FP
Trois communes en zone limitée : interventions prioritaires requises
Trois communes présentent des performances limitées nécessitant des actions correctives urgentes :
- Bagassi : 63/100
- Dolo : 62/100
- Yargo : 57/100
Pour ces territoires, le rapport du CERA-FP formule des recommandations prioritaires centrées sur les infrastructures et l’accessibilité aux services de santé.
Les infrastructures sanitaires : le maillon faible
Dans toutes les régions évaluées, les infrastructures sanitaires constituent le goulot d’étranglement structurel le plus répandu. Le rapport identifie trois axes d’amélioration critiques :
- Médicaments de base : disponibilité et accessibilité
- Équipements : état et modernisation des plateaux techniques
- État des locaux : infrastructures physiques des centres de santé
Ce constat appelle à un effort d’investissement ciblé pour résorber les déficits infrastructurels qui pénalisent la qualité des soins.

Qualité des soins et satisfaction : des acquis à consolider
L’enquête révèle que la qualité des soins et la satisfaction des usagers constituent les dimensions les plus performantes de l’IPSSB. Ces résultats positifs doivent être préservés et renforcés, alors même que les infrastructures nécessitent des améliorations substantielles.
Vers une institutionnalisation du suivi
Le CERA-FP formule une recommandation stratégique : institutionnaliser l’IPSSB comme outil annuel de suivi des performances sanitaires communales. Cette démarche permettrait de :
- Mesurer les progrès dans le temps
- Identifier les tendances et les régressions
- Orienter les politiques publiques de santé sur la base de données probantes
- Renforcer la redevabilité des acteurs locaux
Un écart de 34 points entre les communes
L’analyse des disparités intercommunales fait ressortir un écart de 34 points entre les meilleures et les moins bonnes performances en matière de santé publique. Cet écart souligne l’urgence de réduire les inégalités territoriales d’accès à des services de santé de qualité.
Avec ce rapport, le CERA-FP, cofinancé par la Coopération Suisse et l’UNICEF, réaffirme son engagement à produire des données probantes pour influencer les politiques publiques de décentralisation et améliorer le bien-être des populations au niveau local.
La Rédaction
















