Le rapport du CERA-FP sur la Certification citoyenne de la Délivrance des Services Publics locaux, rendu public ce vendredi 26 juin 2026 à Ouagadougou, révèle des disparités significatives en matière d’assainissement. L’Indice de Perception des Services WASH (IPS-WASH) fait état d’écarts de plus de 36 points entre les 34 communes évaluées dans 9 régions du Burkina Faso.
C’est un constat en demi-teinte qui se dégage de l’enquête multisectorielle ménage 2026. Si aucune commune n’atteint le seuil critique des 40/100 pour l’assainissement – contrairement à la gouvernance budgétaire où 10 communes sont en dessous de ce niveau – les écarts de performance restent substantiels et interpellent sur l’équité d’accès aux services WASH sur l’ensemble du territoire national.
Tensobtenga et Soaw : les références en matière d’assainissement
L’analyse de l’IPS-WASH montre que Tensobtenga et Soaw dominent le classement de l’assainissement. Cette performance témoigne d’un effet de contexte territorial favorable et de pratiques de gouvernance locale exemplaires qui bénéficient à l’ensemble des services publics de base. Ces deux communes confirment ainsi qu’il est possible d’offrir des services d’assainissement de qualité aux populations lorsque les conditions de gouvernance et d’investissement sont réunies.
Le paradoxe de Ouagadougou : plus d’équipements, moins de performance
Un constat surprenant traverse l’ensemble des indices produits par le CERA-FP, y compris l’IPS-WASH : Ouagadougou, dans le Kadiogo, sous-performe dans le secteur de l’assainissement malgré une densité d’équipements supérieure.
Ce « paradoxe urbain structurel » interroge sur la relation entre la disponibilité des infrastructures et la qualité effective des services rendus aux populations. Il suggère que la simple présence d’équipements ne suffit pas à garantir un service d’assainissement performant et accessible à tous.
Les infrastructures : le maillon faible de l’assainissement
Dans toutes les régions évaluées, les infrastructures physiques constituent le maillon le plus faible du secteur WASH, au même titre que dans les autres secteurs (éducation, santé, gouvernance). Ce goulot d’étranglement structurel impacte directement la qualité des services d’assainissement offerts aux populations. Le rapport du CERA-FP identifie ainsi un besoin urgent de renforcement des infrastructures d’assainissement pour résorber les disparités territoriales et améliorer l’accès aux services de base.
Un écart de 36+ points : un défi d’équité territoriale
Avec plus de 36 points d’écart entre les communes, le secteur WASH affiche des disparités intercommunales significatives, bien que moins alarmantes que celles observées en gouvernance budgétaire (72,5 points). Cet écart souligne l’urgence de réduire les inégalités territoriales d’accès à l’assainissement, un service public de base essentiel pour la santé et le bien-être des populations.
Une situation moins critique que la gouvernance
Un élément rassurant ressort de l’analyse de l’IPS-WASH : aucune commune n’est sous les 40/100 pour l’assainissement. Ce constat contraste fortement avec la situation de la gouvernance budgétaire locale (IPGBL), où 10 communes sur 34 atteignent ce niveau de faiblesse.
Vers une amélioration des services d’assainissement
Le rapport du CERA-FP, réalisé avec le cofinancement de la Coopération Suisse à travers le Laboratoire Citoyennetés et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), s’inscrit dans une démarche de Contrôle Citoyen de l’Action Publique (CCAP).

« L’objectif est de produire des données probantes pour influencer les politiques publiques de décentralisation et améliorer le bien-être social et économique des populations au niveau local. L’IPS-WASH constitue ainsi un outil de suivi et de redevabilité pour les acteurs locaux et nationaux », fait remarquer Hermann Doanio, Secrétaire exécutif du CERA-FP.
La Rédaction
















