À Cotonou (Bénin), chercheurs, professionnels de santé et éducateurs canins explorent une piste scientifique encore peu connue. Une démarche qui place les réalités des patientes au cœur de l’innovation à travers l’utilisation de l’odorat exceptionnel des chiens pour contribuer à la détection précoce du cancer du sein.
Une équipe de chercheurs et de professionnels de santé tente de répondre à cette question à travers un projet consacré à la détection olfactive canine du cancer du sein à Cotonou. L’objectif n’est pas de remplacer les méthodes médicales existantes, mais d’explorer une piste complémentaire qui pourrait, à terme, contribuer à améliorer le dépistage précoce.
Derrière cette recherche, se trouve une réalité beaucoup plus familière : celle des femmes confrontées au cancer du sein, parfois diagnostiquées tardivement en raison de symptômes insuffisamment pris en compte, de difficultés d’accès aux soins ou encore du coût et de la disponibilité des examens médicaux.
Au Bénin comme dans de nombreux pays, la précocité du diagnostic constitue un enjeu majeur dans la prise en charge du cancer du sein. Plus la maladie est identifiée tôt, plus les possibilités de traitement peuvent être importantes. C’est dans ce contexte que l’association African Médical Détection Dogs (AfriMeDD) travaille avec la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université d’Abomey-Calavi (FSS-UAC), le Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) et le LEMACEN, autour d’une collaboration scientifique consacrée à la détection du cancer du sein par l’odorat canin.
L’approche repose sur une capacité bien particulière du chien : son odorat. Des composés chimiques associés à certaines maladies peuvent modifier l’odeur de prélèvements biologiques. Le projet de recherche vise à déterminer si des chiens spécialement entraînés peuvent reconnaître ces signatures olfactives et, surtout, si leurs performances peuvent être démontrées et validées selon des protocoles scientifiques rigoureux.
Pour les acteurs du projet, l’enjeu est précisément de partir du terrain, de construire une démarche adaptée au contexte local, puis de tester et de valider scientifiquement les solutions envisagées.
À terme, si les résultats de la recherche le permettent, l’odorat canin pourrait ainsi devenir un outil supplémentaire dans la lutte contre le cancer du sein.
















