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Prise en charge des cancers : le Burkina Faso met l’accent sur les soins de proximité à travers le dépistage précoce, la gratuité de la radiothérapie et de nouvelles techniques

Deux machines, des techniques de pointe, des soins gratuits pour les cancers les plus fréquents et des patients venus de plusieurs pays. C’est le constat fait par des journalistes à l’occasion d’une immersion organisée par la Direction de la communication et des relations publiques du ministère de la Santé au service de radiothérapie du CHU Bogodogo de Ouagadougou ce mardi 13 octobre 2026.

Inauguré en avril 2021 pour répondre aux besoins de prise en charge des cancers, le service de radiothérapie du CHU Bogodogo de Ouagadougou a traversé une période de difficulté qui a conduit à sa fermeture. Depuis 2023, grâce à l’engagement des nouvelles autorités, il a rouvert ses portes au grand bonheur des patients. Il avance depuis sur les plans technique et médical.

Le service a commencé avec une seule machine. Avec le soutien des autorités, une deuxième a suivi. Aujourd’hui, le service traite avec les deux machines et envisage une troisième les mois à venir.

Le service réalise des techniques de radiothérapie de pointe, notamment l’IMRT et le VMAT, décrites comme reconnues sur le plan international. Il prend en charge 300 à 400 patients par an atteints de cancer.s La plupart sont atteints du cancer du sein ou du cancer du col de l’utérus.

Gratuité : quels cancers sont concernés ?

Pour faciliter l’accès financier aux soins, le gouvernement a adopté un décret qui permet de traiter gratuitement les cancers les plus fréquents dans le contexte burkinabè. Il s’agit du cancer du sein ; du cancer de la prostate ; du cancer chez les enfants de moins de 15 ans et du cancer du col de l’utérus.

Selon le Dr Bertrand Compaoré, chef du service de radiothérapie du CHU Bogodogo, malgré les avancées salutaires, des défis restent à relever.

Dr Bertrand Compaoré, chef du service de radiothérapie du CHU Bogodogo

« Les patients arrivent très tardivement. Cela complique la prise en charge et peut biaiser les résultats du travail du service », indique Dr Compaoré qui en profite pour appeler la population à se faire dépister tôt. Un cancer découvert tôt offre « toutes les chances de guérison », alors qu’un cancer découvert tard rend la prise en charge difficile, « quel que soit le ciel sous lequel vous êtes », fait-il remarquer. Par ailleurs, il salue la mise en place par le gouvernement des cliniques mobiles, qui rapprochent la population des centres de dépistage. Aussi, le gouvernement à travers l’Initiative présidentielle pour la santé, a doté le service, d’un groupe électrogène pour pallier à d’éventuelles coupures d’électricité.

Aussi, le service veut se rapprocher de ce qui se fait dans les pays développés. Pour cela, il lui faut un accompagnement ferme, qui doit encore s’intensifier. Cela vaut pour tous les centres, ceux de Bogodogo, de Tengandogo et de Pala à Bobo-Dioulasso. Le Dr Compaoré demande des équipements pour mettre en place de nouvelles techniques, et de la formation pour assurer un transfert de compétences. « Nous avons la capacité de le faire », assure-t-il.

Au-delà de la gratuité : alléger le parcours du patient

Avant d’arriver en radiothérapie, le patient traverse de nombreuses étapes qui peuvent l’épuiser financièrement. Le Dr Compaoré souhaite que la chaîne de prise en charge bénéficie d’un regard favorable des autorités pour alléger ce poids.

Le service reçoit aussi des patients d’autres pays de la sous-région tels que la Côte d’Ivoire, le Niger, le Mali, la Guinée, le Tchad etc. Il a même reçu récemment, un malade venu du Rwanda. Pour le Dr Compaoré, cela montre que le centre est déjà dans une dynamique pour devenir un centre de référence international.

Abel Azonhandé

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