6 fois lauréate des Semaines Nationales de la Culture (SNC) en art culinaire, Josiane Yago est aujourd’hui une « Daronne » de l’art culinaire au Burkina Faso. Désignée Trésor humain vivant depuis 2019, Mme Yago n’a rien perdu de sa passion pour la cuisine malgré le poids de son âge avancé. C’est en véritable mère et conseillère qu’elle passait de box en box à l’espace dédié aux concours d’art culinaire à la SNC 2026 lorsque notre caméra s’est posée sur celle qui est aujourd’hui, la promotrice d’une unité de production agroalimentaire et de restaurants « Saveurs naturelles » qui se trouve à Léo dans la province de la Sissili.
Santé pour tous : Votre dernier sacre en art culinaire date de quelle année ?
Josiane Yago : Mon dernier prix date de 2019.
Que vous rappelle ces différents prix ?
J.Y : ces prix me rappellent de bons moments, des souvenirs inoubliables. Il faut dire que c’était des défis à relever chaque année.
Pourquoi ?
Parce que ce que nous avions à l’idée, était de présenter des nouveautés sur le plan culinaire, d’utiliser ce que nous avons ici, comme nos produits agricoles, nos produits fruitiers, pour créer de nouveaux mets à la disposition des populations. Ce n’était pas simple, parce que c’était le début, les gens n’étaient pas trop locaux, donc il fallait vraiment les amener à aimer ce que l’on faisait.
Qu’est-ce que ce prix vous fait à la fin de la compétition ?
J.Y : Ça me donne de la joie, de la fierté, mais aussi ça m’emmène à penser à la prochaine fois. Comment relever encore un autre défi. Parce qu’il ne faut pas rester sur ses lauriers, mais aller de l’avant. Et c’est ce qui fera de notre gastronomie, une gastronomie de grands choix par les gens.
Cette compétition a-t-elle apporté une plus-value dans la chaine de valorisation de la gastronomie burkinabè ?
J.Y : Beaucoup, je le pense, sincèrement. Parce que je sais que beaucoup de restaurants aujourd’hui sont l’idée de femmes qui sont passées par cette compétition. Beaucoup de femmes que je connais ont ouvert des restaurants, parce qu’elles ont vu que ce qu’elles avaient présenté a été accepté et valoriser par ces prix. Ce n’est pas la valeur le problème, non, c’est la reconnaissance que tu as fait quelque chose de positif pour ton pays, pour ta nation. Donc cette compétition d’art culinaire est une bonne idée. Et ça emmène les jeunes générations à s’y mettre aussi. Au début, c’était un challenge, c’était pour que les gens acceptent même nos produits, c’était difficile. Mais grâce à cette compétition, nous avons pu vraiment avoir le public de notre côté.
Si l’on devait faire une comparaison entre votre temps et celui d’aujourd’hui, quelle appréciation pouvez-vous faire ?
J.Y : je l’apprécie positivement. Il y a beaucoup de facilité aujourd’hui. Dans le temps, nous étions des autodidactes, nous sommes venus par nous-mêmes, nous n’avions pas fait de formation. Mais ces jeunes qui sont là, il y en a qui ont fait des formations, il y en a qui peuvent aller plus loin. On parle de grands chefs et il y a de grands chefs qui vont sortir de là. Donc c’est pour vous dire que c’est vraiment quelque chose qu’on doit garder et aussi améliorer.
Je vous sens très fière lorsque que vous voyez vos jeunes sœurs, vos enfants, vos jeunes frères à l’œuvre. Bien que vous ne soyez pas en compétition, vous faites le tour, qu’est-ce que vous leur dites concrètement ?
J.Y : je leur dis courage, aller au-delà des défis, avancer et soyez passionnés. Parce que sans passion, on ne peut pas atteindre ce qu’on veut. La passion nous permet de relever les défis et de nous améliorer.Comme j’ai dit, de ne pas dormir sur nos lauriers, mais continuer à progresser pour aller au-delà. Eux, ils produisent, c’est vrai, c’est bon, mais aux consommateurs je leur dis, encouragez ces braves femmes, ces braves filles, parce que c’est pour votre bien. Et tout ce qu’ils font là, vous connaissez ce qu’ils utilisent, ce n’est pas hors de nos habitudes.Encouragez-les en achetant, en les amenant par exemple dans vos fêtes, à préparer du spécial made in Burkina pour vos invités et à faire valoir ce qu’ils font, à faire vraiment connaître l’art culinaire made in Burkina.
Propos recueillis et transcrits par Abel AZONHANDE
















