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Perte de plaisir sexuel chez la femme : mesdames, la sexualité est un art qui se travaille et qui se construit

Agée de 64 ans, Maryam a passé 10 années à souffrir en silence croyant que c’était « normal ». Tout comme elle, de nombreuses femmes en manque de plaisir sexuel simule l’orgasme pendant les rapports pour contenter leur partenaire. Comment fonctionne le périnée, pourquoi la douleur s’installe, et comment réapprendre à son corps que le plaisir est possible ? Le témoignage de Maryam…

« J’ai simulé l’orgasme pendant 10 ans, mon mari ne le sait pas. Mon corps, lui, saigne »

« Détendez-vous, madame. C’est dans votre tête. »

Il m’a dit ça. Un médecin. Il n’a pas regardé. Il n’a pas écouté.

J’ai serré les dents. J’ai souri. Je suis sortie. Dans la rue, j’ai pleuré.

Je m’appelle Maryam. J’ai 64 ans.

J’ai souffert en silence pendant six décennies.

Six décennies à serrer les cuisses quand mon mari s’approchait. Six décennies à compter les secondes en priant pour que ça finisse vite. Six décennies à me laver après en me dégoûtant de mon propre corps.

Et un jour, j’ai rencontré Louise. Une sage-femme.

Elle m’a regardée. Pas mes jambes. Pas mon dossier. Mes yeux.

— « Maryam, ressentez-vous des douleurs lors des rapports ? »

J’ai voulu dire non. Comme toujours. Comme on m’avait appris.

Mais les mots sont sortis tout seuls.

— « Oui. Depuis toujours. On m’a dit que c’était normal. Qu’il fallait juste… supporter. »

Supporter.

Ce mot. Je l’ai entendu toute ma vie.

— « Supportez, ma fille. »

— « C’est le devoir conjugal. »

— « Les femmes, ça souffre en silence. »

J’ai cru que c’était vrai. J’ai cru que mon corps était cassé.

J’ai cru que je n’avais pas le droit de vouloir autre chose.

La première fois, j’avais 18 ans.

Il était doux. Il m’aimait.

Mais quand il s’est approché, j’ai senti ma chair se déchirer. Pas l’hymen.

Ce n’était pas ça. C’était plus profond. Une brûlure. Un coup de couteau.

J’ai pleuré.

Il s’est arrêté.

— « Ça va ? »

— « Oui, continue. »

J’ai menti.

Parce qu’on m’avait dit que la première fois, ça fait mal. Que c’est normal. Que ça passera.

Ça n’a jamais passé.

Des années. Des décennies.

Chaque rapport était une opération chirurgicale sans anesthésie.

Je me crispais. Je priais. Je simulais.

Simuler l’orgasme. Ce n’est pas compliqué. Il suffit de gémir au bon moment, de serrer les bras, de dire « c’était bien ».

Les hommes croient. Ils veulent croire.

Parce que s’ils savaient… ils devraient faire face à l’horreur : leur amour fait mal à celle qu’ils aiment.

Mon mari ne sait pas.

Pas vraiment. Il a vu mes grimaces. Il a entendu mes « pas maintenant, je suis fatiguée ».

Il a cru à la routine. À la baisse de libido. À l’âge.

Il ne sait pas que chaque pénétration lui a coûté des larmes silencieuses et des draps mordus.

Je suis allée chez des médecins.

— « Madame, tout est normal à l’examen. »

— « Mais j’ai mal. »

— « C’est psychologique. Détendez-vous. »

Détendez-vous.

Le conseil d’un homme qui n’a jamais eu un couteau enfoncé entre les jambes.

Un jour, j’ai osé.

— « Docteur, vous pouvez me prescrire un lubrifiant ? »

Il a ri.

— « Vous êtes mariée depuis 30 ans, madame. Vous avez besoin de lubrifiant ? »

Je n’y suis jamais retournée.

Un jour, ma fille m’a parlé de Louise.

— « Maman, va la voir. Elle est sage-femme. Elle fait de la rééducation périnéale. »

Rééducation.

Je ne savais même pas que j’avais quelque chose à rééduquer.

Personne ne m’avait jamais dit qu’il existait un muscle, le périnée, qui pouvait se bloquer à cause de la peur.

Personne ne m’avait dit que la douleur n’était pas normale.

Chez Louise, ce jour-là, j’ai pleuré.

Pas de tristesse. De soulagement.

Elle m’a pris la main. Elle m’a regardée.

— « Maryam, vous n’êtes pas cassée. Votre corps vous protège. Il a peur. On va lui apprendre que vous êtes en sécurité. »

Apprendre à mon corps qu’il est en sécurité.

Comme si je devais rééduquer un animal blessé.

Voici ce que j’ai compris, à 64 ans, après une vie de douleur :

1. La douleur n’est jamais normale. On m’a menti. La première fois, ça ne doit pas faire mal. Jamais. Si ça fait mal, quelque chose ne va pas.

2. Le corps n’oublie pas. Mon mari n’est pas celui qui m’a blessée la première fois. Mais mon corps, lui, ne fait pas la différence. Il a enregistré « pénétration = danger » et il a verrouillé la porte. Pour me protéger.

3. Simuler, c’est se trahir. Pendant 40 ans, j’ai fait semblant. Pour lui. Pour la paix. Pour ne pas me sentir anormale. Aujourd’hui, je sais que mon mensonge m’a emprisonnée. Lui aussi.

4. Le plaisir s’apprend. Je croyais que le désir devait tomber du ciel. Que l’orgasme était un don ou rien. C’est faux. La sexualité est un art. Ça se travaille. Ça se construit. Avec son souffle. Avec son bassin. Avec son imaginaire.

Aujourd’hui, à 64 ans, je découvre mon corps.

Je découvre que mon vagin n’est pas un « trou noir », mais un espace vivant, chaud, élastique.

Je découvre que le clitoris est un organe immense, en forme de V inversé, que personne ne m’avait montré.

Je découvre que je peux ressentir du plaisir. Sans douleur. Sans peur. Sans honte.

Toi qui lis ces lignes, toi qui serres les dents, toi qui simules, toi qui pleures sous la douche après…

Sais-tu que ton corps n’est pas ton ennemi ?

Sais-tu que cette douleur a un nom ?

Sais-tu qu’on peut la soigner ?

J’ai attendu 64 ans.

64 ans à souffrir en silence parce que je croyais que c’était « normal ».

Ça ne l’est pas.

Ne passe pas 40 ans à simuler. Ne passe pas une vie à souffrir.

Témoignage extrait du livre « Réclame ton intimité » de Louise Mouko.

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