Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme d’activités, l’Association nationale des infirmiers et infirmières du Burkina Faso (ANII-BF) a organisé un atelier de revue de la mise en œuvre du passage à l’échelle des MMs. Cette rencontre qui avait pour objectif de faire le point sur l’état d’avancement de la mise à l’échelle des micronutriments multiples (MMs) et d’échanger sur les défis rencontrés a requis l’engagement de l’État et des partenaires pour assurer la pérennisation et l’extension du programme à l’ensemble des districts sanitaires.
Cetterencontre a permis de relever plusieurs contraintes. Notamment, la suspension du programme dans certains districts ; l’insuffisance de renforcement des capacités des acteurs ; la faible mobilisation des ressources financières ; les difficultés d’approvisionnement et l’indisponibilité locale des intrants ; le coût élevé des MMs ; la coexistence entre MMs et fer-acide folique (FAF) dans la stratégie de supplémentation.
Les principales réalisations de ce projet majeur à ce jour selon Abdoulaye Boïna, président de l’ANII-BF, sont entre autres, la formation des formateurs, l’intégration des MMs dans les outils de suivi (ENDOS et rapports), l’élaboration de supports de communication, la production d’un guide de nutrition maternelle, l’élaboration du plan de passage à l’échelle nationale etc.
Les échanges entre la trentaine de participants à cette rencontre ont permis de soulever plusieurs préoccupations portant notamment sur : l’état d’avancement du plan de passage à l’échelle ; le rôle des partenaires et la durabilité du programme ; le coût comparatif entre MMs et FAF ; la possibilité de production locale des MMs ; la distribution dans le secteur privé ; les effets secondaires et la tolérance des produits ; la pertinence de la composition en fer ; le rôle de la Centrale d’Achat des Médicaments Essentiels Génériques et des Consommables Médicaux (CAMEG) dans la chaîne d’approvisionnement ; les perspectives de dissémination et de financement.
Les réponses apportées par la Direction de la Nutrition et les autres acteurs ont permis de clarifier plusieurs points. Notamment : le budget global du plan de passage à l’échelle estimé à 13 911 746 695 FCFA ; le processus de mise à l’échelle progressif et qui s’étend jusqu’en 2029 ; des retards liés à l’enrôlement progressif des districts ; les MMs qui ne sont pas plus coûteux que le FAF en termes de coût-efficacité ; des discussions en cours pour la production locale des MMs ; les structures privées religieuses qui ne sont pas encore intégrées dans le dispositif ; la teneur en fer jugée adéquate et optimisée par la présence de cofacteurs favorisant son absorption ; les femmes qui tolèrent globalement mieux les MMs que le FAF ; tous les produits de santé qui doivent désormais transiter par la CAMEG ; la stratégie nationale qui vise la consolidation des acquis avant l’extension nationale.
Recommandations
Face à cette situation, l’ANII-BF recommande le financement étatique du plan de passage à grande échelle (PAGE) des MMs, impliquant la Direction de la Nutrition, la Direction de la Santé de la Famille, la CAMEG, la Direction générale de l’accès aux produits de santé (DGAP), les ministères concernés et les partenaires techniques ; la mise à jour et vulgarisation du plan de communication sur les MMs afin de renforcer l’adhésion communautaire et institutionnelle ; le plaidoyer multisectoriel pour la production endogène des MMs, impliquant la société civile, le Réseau de la société civile pour la nutrition (RESONUT), le réseau des communicateurs sur la nutrition, (RECANUT), l’enseignement supérieur et le ministère des finances.
















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