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SAMU Burkina : Que faut-il retenir un an après ?

Un an après son opérationnalisation complète, le Service d’Aide Médicale Urgente affiche des chiffres qui témoignent d’une confiance croissante du personnel de santé mais peine encore à se faire connaître du grand public. Immersion au siège du SAMU, entre bilan chiffré, difficultés assumées et un numéro vert saturé d’appels qui n’ont rien d’urgences.

La sonnerie du téléphone de la régulation médicale du SAMU retentit. À l’autre bout du fil, le service d’urologie et d’andrologie du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo : un patient a besoin d’être transféré vers une autre structure sanitaire. Après les questions clés et l’évaluation du degré d’urgence, une ambulance « hautement médicalisée » quitte la cour du siège, avec à son bord un médecin, un infirmier et le chauffeur.

C’est cette réalité du quotidien que la Direction de la communication et des relations presse du ministère de la Santé a choisi de montrer aux journalistes, ce mercredi 22 juillet, à l’occasion du premier anniversaire du SAMU Burkina.

Evacuation au service d’urologie et d’andrologie du CHU Yalgado Ouédraogo

Officiellement lancé le 10 avril 2025 à Ouagadougou puis le 8 novembre 2025 à Bobo-Dioulasso, bien que fonctionnel depuis décembre 2023, le SAMU Burkina affiche une ambition claire, celle de garantir un accès rapide, équitable et efficace aux soins d’urgence préhospitaliers sur l’ensemble du territoire national. Son fonctionnement repose sur trois piliers que sont la régulation médicale, le SMUR (Service Mobile d’Urgence et de Réanimation) et la formation.

Un an après cette opérationnalisation complète, le Pr Flavien Kaboré, Directeur général du SAMU, dresse un premier constat encourageant : « Nous avons constaté une augmentation des sollicitations du SAMU par les populations burkinabè, ce qui témoigne de l’importance que le SAMU représente dans la gestion des urgences sanitaires au niveau de la ville de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. »

Les chiffres confirment cette dynamique, 216 459 appels ont été enregistrés au total depuis le lancement du service, dont 83 483 rien que sur la période de janvier à juillet 2026.

Mais derrière cette croissance se cache un déséquilibre révélateur. Sur environ 15 000 interventions réalisées à ce jour, plus de 10 000 sont des interventions dites secondaires qui consistent au transfert d’un patient d’une structure de santé vers une autre contre seulement 4 600 interventions primaires, celles où le SAMU est le premier à intervenir directement auprès d’une victime.

Pr Flavien Kaboré, DG du SAMU Burkina

Une proportion que le Pr Kaboré explique sans détour : « Le SAMU n’est pas totalement connu des populations, nous sommes beaucoup plus connus du personnel de santé, ce qui justifie le fait que les sollicitations pour les interventions secondaires sont beaucoup plus importantes que celles du primaire. » Le directeur général insiste : « les interventions primaires sont pourtant entièrement gratuites, une mesure gouvernementale pensée pour garantir l’équité des soins d’urgence extrahospitaliers, quelle que soit la situation sociale du patient ».

Autre statistique qui interpelle, près de 48% des appels reçus par le SAMU sont, selon le Pr Kaboré, des appels malveillants, sans aucun rapport avec une urgence médicale. Une situation que le directeur général déplore ouvertement, appelant la population à réserver le numéro vert 15 à son usage exclusif qu’est l’urgence vitale.

Interrogé sur ce qui distingue le SAMU de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, le Pr Kaboré insiste sur la complémentarité des deux structures : « Nous intervenons avec des moyens médicalisés, ce qui fait que lorsque la vie de la personne est en danger dans les minutes qui suivent la réception de l’appel, nous intervenons pour préserver sa vie et assurer son transfert vers les structures sanitaires adaptées. »

Chaque véhicule du SMUR embarque une équipe de trois personnes dont un chauffeur-ambulancier, un médecin et un infirmier ainsi que des médicaments, des consommables de soins d’urgence, des appareils de surveillance et des dispositifs de suppléance des fonctions vitales. Un « véritable service intensif mobile », selon les mots du directeur général, coordonné en permanence avec le centre de régulation qui se charge de trouver une place disponible et de préparer l’équipe d’accueil, pour éviter toute rupture dans la prise en charge du patient.

Le bilan n’occulte cependant pas les difficultés structurelles du dispositif. « Nous avons des difficultés en termes d’insuffisance en ressources humaines », reconnaît le Pr Kaboré, précisant que les autorités du ministère de la Santé ont prévu d’octroyer du personnel supplémentaire pour permettre un déploiement plus efficace sur le terrain. Même constat du côté des véhicules dont la demande dépasse parfois la capacité de réponse du service, une situation que le plan d’approvisionnement du ministère de la Santé prévoit corriger dans les mois à venir, avec l’acquisition de nouvelles ambulances.

Au terme de cette immersion, un message revient sans cesse dans la bouche du DG du SAMU, celui d’un service encore trop peu sollicité directement par la population, alors même qu’il est entièrement gratuit pour les urgences vitales. Malaise, accident de circulation ou de travail, détresse vitale, le Pr Kaboré le rappelle, il ne faut pas hésiter à composer le 15.

Numéro vert du SAMU : 15 (appel gratuit, réservé aux urgences)

Farida SAWADOGO

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