La ville de Manga dans la région du Nazinon a accueilli la 14ᵉ Journée africaine de la médecine traditionnelle ce 5 septembre 2026. Ce rendez-vous placé sous le signe de la recherche scientifique et de la couverture sanitaire universelle, a été une occasion pour honorer plusieurs acteurs du secteur.
C’est dans le prolongement de la 14ᵉ Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative que la cité de l’Épervier a réuni, ce samedi, plusieurs membres du gouvernement burkinabè et acteurs du secteur. Au menu des échanges : la valorisation des savoirs endogènes et leur meilleur encadrement, deux enjeux désormais centraux dans la stratégie sanitaire du pays.
Une réflexion tournée vers la couverture sanitaire universelle
Placé sous le thème « Introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies au Burkina Faso : défis et opportunités pour l’atteinte de la souveraineté sanitaire », cette édition regroupe plusieurs centaines de tradipraticiens venus des différentes contrées du pays. Un intitulé qui donne le ton : la médecine traditionnelle n’est plus perçue comme un simple patrimoine culturel, mais comme un véritable levier de politique de santé publique.

Au-delà du cadre commémoratif, la journée de Manga aura surtout ouvert une réflexion de fond sur l’avenir du secteur. Un secteur appelé, selon les propos des organisateurs, à mieux se structurer, se documenter et s’inscrire dans une dynamique de recherche, au service de la santé des populations burkinabè.
Un aréopage ministériel pour porter le message
Cette 24è édition est placée sous le patronage du ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié. A ses côtes, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé ; Gilbert Ouédraogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement et Sosthène Dingara, ministre de l’Éducation de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales.

Pour sa part, le ministre de la Santé plaide pour une meilleure documentation des savoirs endogènes. Dr Kargougou présente la médecine traditionnelle comme un « patrimoine médical et culturel majeur », mais aussi comme un potentiel levier de souveraineté sanitaire : « Il faut mieux documenter les savoirs endogènes, renforcer la recherche, et surtout créer des passerelles solides entre tradipraticiens, chercheurs, universitaires, laboratoires et professionnels de santé. »
Le Commandant Ismaël Sombié a quant à lui, appelé à une meilleure valorisation des pratiques endogènes dans la construction de la souveraineté nationale. Il a toutefois rappelé que « les tradipraticiens doivent respecter les dispositions réglementaires en vigueur et renforcer leur collaboration avec la médecine conventionnelle. »
A l’occasion, des certificats d’autorisation de pratique, des attestations de reconnaissance et des distinctions honorifiques sont venus saluer l’engagement de plusieurs acteurs du secteur, une reconnaissance officielle de leur contribution.
Abel AZONHANDE
















