Organisé par le gouvernement français les 27 et 28 mars 2025, le sommet Nutrition pour la croissance (N4G) ou encore (Nutrition for Growth) Paris avait pour objectif de placer la nutrition au centre de l’agenda du développement durable, de faire de la lutte contre toutes les formes de malnutrition une cause universelle, de créer une continuité entre les sommets N4G et dans les engagements pour une bonne nutrition, de mobiliser de nouveaux engagements politiques et financier ambitieux en faveur de la nutrition. Dans le cadre de ce sommet et pour le bien-être de ses populations, le Burkina Faso a pris plusieurs engagements internationaux en matière de nutrition.
Le sommet Nutrition pour la croissance (N4G) est un moment d’engagement mondial en faveur de la nutrition organisé tous les quatre ans par le pays hôte des Jeux paralympiques/olympiques. Les engagements N4G font référence à un ensemble d’engagements pris par les gouvernements, les entreprises et les organisations de la société civile pour améliorer la nutrition dans le monde, en particulier pour les populations vulnérables, notamment les enfants et les femmes.
En 2025, le sommet N4G de Paris a mobilisé près de 28 milliards de Dollars contre 27 milliards de Dollars en 2021 à Tokyo à travers plus de 400 engagements pris par les 127 délégations au nom de 106 pays ainsi que de nombreuses organisations internationales, de la société civile, banques de développement, organisations philanthropiques, institutions de recherche et entreprises.
Le Burkina Faso a pris des engagements à différents moments. Lors du sommet de Tokyo en décembre 2021, le pays a renouvelé des engagements formulés dès 2018, avec une échéance fixée à 2024. En mars 2025, de nouveaux engagements ont été pris, cette fois à Paris, avec des cibles revues. Il y a des avancées certes mais beaucoup restent à faire. Concernant la malnutrition chronique, par exemple, le pays avait fixé un objectif de réduction à 20 %. En 2024, le pays était à 19 %, donc objectif atteint. Pour l’allaitement maternel exclusif, la cible était de 69 % et le Burkina a atteint 72 %.
Les principaux défis dans la mise en œuvre de ces engagements
Au sommet N4G 2018, le Burkina voulait réduire la malnutrition aiguë à 5 %, mais elle est passée de 8,1 % à 9,9 % en 2024. Désormais, l’objectif est donc plus réaliste : 8,5 %. L’autre engagement est de consacrer 3 % du budget national à la nutrition. En 2018, le pays était à 1,1 %, et en 2023 à 2,02 %, donc en dessous de la cible. Le nouvel engagement est de porter le budget national à la nutrition à hauteur de 5 % d’ici 2028. Du côté des Partenaires techniques et financiers, l’engagement d’augmenter de 10 % les financements alloués à la nutrition a été remplacé par celui de maintenir les acquis, estimés à environ 100,51 milliards de FCFA par an, pour un cumul de 402 milliards d’ici à 2028. Les défis sont donc multiples et la situation sécuritaire rend certaines zones inaccessibles, ce qui réduit les interventions.
Les 10 engagements du Burkina Faso
- Réduire la prévalence de la malnutrition chronique des enfants de moins de 5 ans à 18 % contre 19,0 % ;
- Réduire la prévalence de la malnutrition aiguë chez les enfants de moins de 5 ans à 8,5 % contre 9,9 % ;
- Accroître le score de diversité alimentaire chez les enfants âgés de 6 à 23 mois qui reçoivent un nombre minimum de groupe d’aliments à 35 % contre 28,9 % ;
- Augmenter le taux d’allaitement exclusif à 80 % contre 72,5 % ;
- Accroitre la couverture de la prise en charge de la malnutrition aiguë dans les zones à fort défi sécuritaire à 75 % contre 71,9 % ;
- Mettre en place 1000 clubs de santé communautaires pour atteindre 1541 clubs contre 541 en 2024 ;
- Améliorer les capacités d’analyse de la Plateforme Nationale d’Information pour la Nutrition (PNIN) en assurant un accès facile et une meilleure disponibilité des microdonnées sectorielles pour atteindre une cible de 35 contre 20 ;
- Opérationnaliser les organes de pilotage du Conseil national de la nutrition (CNaN) que sont le Secrétariat permanent et les Conseils régionaux sur la nutrition
- Passer de 2,02 % à 5% de son budget national alloué aux dépenses en faveur de la nutrition
- Créer un environnement favorable et mobiliser les donateurs et partenaires techniques et financiers afin de garantir annuellement un soutien financier d’au moins 100,51 milliards de XOF pour un cumul de 402,04 milliards XOF en 2028.
Il serait donc souhaitable que les engagements pris soient traduits plus rapidement en actions concrètes sur le terrain. Pour cela, Dieudonné Lankoandé, coordonnateur national du Réseau de la société civile pour la nutrition (Résonut) indique qu’«il faut assurer un financement durable, renforcer la coordination intersectorielle et garantir un suivi rigoureux des engagements et que les priorités de la nutrition soient maintenues dans les agendas politiques, même en période de crise.»
Abel Azonhandé













