La lutte contre la malnutrition fait partie des priorités du Burkina Faso. Cela se matérialise par de nombreuses interventions dont la prise en charge à travers l’approvisionnement des formations sanitaires en intrants nutritionnels. Ces Aliments Thérapeutiques Prêtent à l’Emploi, appelés les ATP, que sont notamment les Plumpy’Nut et les Plumpy’Sup, jouent un rôle déterminant dans le combat contre la malnutrition. Malheureusement, l’on constate de plus en plus leurs ventes sur le marché, chose qui est interdite, ou encore leur utilisation à d’autres fins. Pour renverser la tendance, le ministère de la Santé à travers la Direction de la nutrition, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, notamment l’Unicef, a entrepris une campagne de sensibilisation. La première étape a consisté au renforcement des capacités des champions en nutrition et des acteurs de la société civile le vendredi 26 juin 2025 à Ouagadougou.

La situation nutritionnelle au Burkina Faso reste encore préoccupante avec une prévalence de malnutrition aigüe globale de 9,9% (ENN 2024) soit 630 531 cas des enfants malnutris attendus. L’Etat et ses partenaires mobilisent chaque année des milliards de francs CFA consacrés à l’acquisition des intrants au profit des formations sanitaires. Ces intrants sont distribués gratuitement dans les structures sanitaires à partir du circuit de la Centrale d’Achat des Médicaments Génériques (CAMEG). Cependant, les intrants nutritionnels sont détournés et utilisés pour d’autres fins.
En effet, selon les résultats de l’End User Monitoring réalisés en 2023 dans 7 régions du pays, 5,1 % des parents enquêtés déclarent avoir partagé le plumpy’Nut. 25.5% du personnel de santé ont entendu que l’ATPE est disponible dans le commerce au niveau local. 4,4 % des parents affirment avoir vu vendre les PPN. Face à cette situation, le ministère de la Santé a adressé une note de service signée du SG N°2022 -667 /MSHPBE/SG/DGSP/DN de février 2022, relative à la mise en garde sur l’usage détourné des intrants nutritionnels.

De gauche à droite, le champion en nutrition de la région des Hauts-Bassins, Estelle Bambara, la Directrice de la nutrition et Dr Konaté, représentante de l’Unicef
Les facteurs déterminants du comportement
Les facteurs déterminants du comportement sont entre autres, la méconnaissance de l’utilité thérapeutique du plumpy’Nut et du plumpy’Sup ; la méconnaissance des effets néfastes de ces intrants chez la personne non malnutrie ; la considération erronée que le Plumpy’Nut et le Plumpy’Sup sont des booster de la libido masculine ; le non respect de l’éthique et de la déontologie ; la présentation du produit comme du chocolat ou aliment ordinaire.
Les intrants nutritionnels contiennent une densité protéique et calorifique très élevées, les utilisées sans fondements scientifiques exposent à des effets à types de l’insuffisance rénale, d’obésité, de diabète…
- Les enfants qui ne reçoivent pas les quantités suffisantes, risquent de séjourner plus longtemps que prévu dans le programme ;
– Quand les Plumpy’Nut et le Plumpy Sup ne sont pas disponibles pour les enfants qui en ont besoin, le risque de mortalité augmente fortement ;
– Les intrants nutritionnels contiennent une densité protéique et calorifique très élevées, les utilisées sans fondements scientifiques exposent à des effets à types de l’insuffisance rénale, d’obésité, de diabète etc.
– Le Plumpy’Nut et le Plumpy’Sup sont tous inscrit sur la liste nationale des médicament essentiels et autres produits de santé, distribués selon le circuit national et administrés selon un protocole médical. Toute acquisition ou détention parallèle constitue une violation ;
– Ces intrants sont classés dans les produits dont la vente est interdite ;
– La vente ou l’utilisation détourné du Plumpy’Nut et du Plumpy’Sup à d’autres fins est une violation grave des droits des enfants souffrant de la malnutrition.

L’ensemble des parties prenantes lancent un appel au patriotisme et mettent en garde tout contrevenant. « Nous sommes tous des citoyens burkinabè. Nous sommes mères, pères et également parents d’un enfant malnutri quelque part. En détournant les intrants, nous sommes entrain de priver un enfant de quelque chose. Et peut-être qu’il y a un enfant qui est entrain de mourir quelque part parce qu’il n’y a pas d’intrants. Ou un enfant qui est en train de récupérer lentement alors qu’il pouvait récupérer rapidement parce qu’on a utilisé ses intrants au niveau du domicile. Donc c’est vraiment un cri de cœur à l’endroit de toutes et de tous », laisse entendre Estelle Bambara, Directrice de la nutrition.
Abel Azonhandé














Un commentaire
Très belle initiative de sensibilisation en effet l utilisation sans avis médical favorise l appurution de maladies métaboliques.