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Accès aux soins au Burkina Faso : le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels et plusieurs autres organisations de la société civile, à travers l’Observatoire Citoyen sur l’Accès aux Services de Santé font l’état des lieux

À travers 13.571 témoignages et des données issues de 61 districts sanitaires sur les 70 que compte le Burkina Faso, le rapport documente la réalité de l’accès aux soins au pays des Hommes intègres, met en lumière les progrès réalisés mais aussi les défis persistants pour garantir la santé pour toutes et tous. Ledit rapport annuel alternatif de l’Observatoire Citoyen sur l’Accès aux Services de Santé (OCASS) a été rendu publique le 18 Juillet 2025.

Dans un contexte national marqué par des défis multiples, sécuritaires, humanitaires, socio-économiques et sanitaires, la nécessité d’un suivi citoyen rigoureux et indépendant du système de santé n’a jamais été aussi cruciale. 5ème du genre depuis 2019, ce rapport qui respecte la tradition du RAME depuis 2019, s’inscrit dans une démarche de redevabilité sociale, visant à documenter, analyser et rendre visibles les réalités vécues par les usagers du système de santé, en particulier les personnes les plus vulnérables.

Les principaux constats de 2024

Constats généraux

– 90% des usagers rencontrés déclarent avoir été bien accueillis dans les formations sanitaires lors de leurs visites.

– 14% des usagers estiment avoir attendu pendant longtemps (plus de 30 minutes), dont 61% attribuent cette attente à la longueur de la file, 24% à la surcharge de travail du personnel, 2% à l’insuffisance du personnel soignant, et 2% au retard des agents de santé.

– 97% des usagers ont dit avoir été satisfaits des services reçus contre 3% qui sont peu ou pas satisfaits ;

– 98% des usagers rencontrés ont dit que leurs droits ont été respectés tandis que 211 personnes soit 2% estiment que leurs droits n’ont pas été totalement respectés.

Pour la Prise en charge du VIH

– 99% des interviewées ont estimé avoir été satisfaits des prestations reçues dans les centres de prise en charge, contre 1% (8personnes) ;

– 80,8% des PvVIH rencontrées disent avoir déjà réalisé au moins un fois leur CV. Parmi eux, 91% ont déclaré avoir réalisé une charge virale, il y a un an ou moins.

– Les 9% (48) de patients déclarent n’être pas à jour de leur examen de CV ;

– 87,4% des PvVIH qui ont fait leurs examens déclarent avoir obtenu leurs résultats dans un délai de moins de 30 jours, soit une progression de 10,4% par rapport à 2023 où 77% des PvVIH avaient déclaré avoir leurs résultats CV en moins de 30 jours ;

– 4 demandeurs de la CV ont dit avoir payé un montant variant entre 3 000 FCFA et 7 500 FCFA pour réaliser l’examen.

– 286 patients ont bénéficié d’autres examens complémentaires (NFS, analyses de la fonction rénale (Créatininémie), analyses fonction hépatique (ASAT/ALAT) et plus de la moitié (53,84%) ont trouvé le coût élevé.

– 43% des PvVIH qui ont réalisé les examens complémentaires les ont eu gratuitement selon leur déclaration.

– 38 enfants nés de mères séropositives n’ont pas pu bénéficier de PCR dans les délais requis ;

– 14 enfants nés de mères séropositives n’ont pas bénéficié de la prophylaxie de prévention.

– 77% des PvVIH interviewés ont bénéficié de séances d’ETP contre 23% qui n’en ont pas bénéficié.

Pour la Prise en charge de la Tuberculose

– 8% des patients TB interrogés déclarent ne pas avoir reçu de proposition de dépistage du VIH ;

– 11% des patients TB n’ont pas été testés depuis la confirmation de leur statut TB+ ;

– 8% des responsables des formations sanitaires rencontrés affirment que la prise en charge de la co-infection TB/VIH n’est pas assurée dans leur centre de santé ;

– 2% des formations sanitaires visitées ont connu des ruptures de stocks de produits antituberculeux au cours de l’année ;

– 42,7% des patients TB ont bénéficié de VAD effectuées par les acteurs communautaires.

Pour la Prise en charge du Paludisme

– 98% des patients interviewés ont confirmé avoir bénéficié d’un test de diagnostic du paludisme avant le traitement, contre 2% d’usagers qui n’ont pas eu le diagnostic du paludisme. Ces derniers ont signalé des raisons qui sont entre autres : des ruptures sporadiques et des traitements de paludisme déjà engagés avant de consulter l’agent de santé.

– 3% (82 patients) des personnes interrogées disent n’avoir pas été satisfaites des prestations reçues dans les formations sanitaires contre 1% en 2023 d’où une augmentation de l’insatisfaction des usagers dans les centres de santé.

– 12% des patients ayant eu recours aux points de prestation de services déclarent ne pas avoir obtenu tous les médicaments nécessaires au niveau du DMEG ;

– 1% des femmes enceintes rencontrés n’ont pas bénéficié du traitement Préventif intermittent (TPIg)

– Environ 2% des centres de santé visités ont également signalé des ruptures de SP au cours des trimestres ;

– 4% des femmes enceintes disent n’avoir pas obtenu de MILDA

Pour la Prise en charge de la Gratuité des soins

– 97% des femmes et des accompagnants d’enfants de moins de 5 ans ont déclaré avoir été satisfaits du motif de leur visites ;

– 3% peu ou pas satisfaits ont avancé entre autres les raisons suivantes : longs délais d’attente et ruptures de médicaments successivement de 48% et 41%.

– 99% ont déclaré avoir reçu les prestations gratuitement dans les formations sanitaires. Selon ces données, le paiement à tort qui est de 1% contre 5% en 2023 a nettement connu une baisse.

– 14% des accompagnants d’enfants et 9% des femmes enceintes interrogés disent n’avoir pas eu gratuitement tous les médicaments dans les formations sanitaires ;

– 98% utilisatrices de la PF disent avoir reçu tous les services demandés dans les formations sanitaires contre 99 en 2023.

– 2% des bénéficiaires de la PF ont dit n’avoir pas eu gratuitement tous les produits dans les formations sanitaires.

– 2% des responsables des formations sanitaires visitées ont affirmé connaître des ruptures de produits PF.

Pour la Prise en charge par les ASBC

– 99% des ASBC rencontrés disent avoir reçu une formation initiale ;

– 97% des usagers des ASBC considèrent que l’ASBC a été disponible lorsqu’ils en avaient besoin, contre 3% qui signalent des cas d’indisponibilité.

– 8% des usagers des ASBC affirment ne pas être satisfaits des prestations des ASBC

– 93% des responsables de formations sanitaires estiment que les ASBC ont toujours été disponibles ;

– 30% des responsables des formations sanitaires n’intègrent pas les besoins des ASBC dans leurs commandes en produits, contre 34% en 2023 ;

– 25% des ASBC rencontrés n’ont jamais reçu les ACT du paludisme ;

– 53% des ASBC rencontrés n’ont jamais reçu la SP ;

– 31% des ASBC rencontrés n’ont jamais reçu pour la SRO/Zinc ;

– 11% des ASBC rencontrés n’ont jamais reçu pour les TDR de paludisme ;

– 41% des ASBC rencontrés n’ont jamais reçu des produits PF ;

– 38% des ASBC rencontrés n’ont jamais reçu de l’amoxicilline dispersible ;

– 14% disent avoir des problèmes techniques liés à l’utilisation des téléphones ;

62% disent n’avoir pas reçu leur motivation au cours de l’année contre 66% en 2023

– 73% des responsables des formations sanitaires interrogés affirment avoir supervisé les ASBC au cours de l’année écoulée.

– 6% des responsables n’ont pas pu couvrir l’ensemble des ASBC relevant de leur aire sanitaire

La mise en œuvre de l’assurance Maladie universelle

– 70% des personnes interviewées n’ont pas de connaissance sur le paquet de soins et de services de l’AMU ;

– 88% des personnes indigentes détentrices des cartes d’assurées ignorent le panier de soins qui leurs sont offerts ;

– 77% des travailleurs du public et du privé interviewé n’ont pas une connaissance de l’AMU

– 70% des autres acteurs interviewés disent n’être pas satisfaits du processus de mise en œuvre de l’AMU.

– 27% des personnes détentrices de la carte ont dit n’avoir pas été satisfaits des services reçus dans les centres de santé.

Pour le Fonctionnement global des formations sanitaires

– 31% ont déclaré avoir connu des ruptures de stocks de médicaments traceurs au cours de l’année, tandis que 65% ont signalé en avoir subi en 2023.

– 18% ont signalé des périodes d’indisponibilité des équipements traceurs au cours de l’année 2024. Ce chiffre marque une nette amélioration par rapport à l’année 2023, où 50% des formations sanitaires avaient fait état de telles ruptures.

– 26% des formations sanitaires visitées, de nouvelles affectations de personnel ont été constatées contre 38% en 2023

– 76% de CSPS remplissent les normes en personnel sur l’ensemble des CSPS visités, contrairement à l’année 2023 avec 66,04%.

– 98% des formations sanitaires visitées disposaient de COGES fonctionnels contre 99% en 2023

– 14% des COGES rencontrés ne comptaient aucune femme dans le bureau.

– 48% des COGES ont déclaré n’avoir pas eu de formation depuis leur installation.

En conclusion, le suivi communautaire conduit en 2024 dans le cadre du mécanisme CLM (Community-Led Monitoring) de l’Observatoire Citoyen sur l’OCASS constitue un exercice inédit par son ampleur et sa portée stratégique. Couvrant les 13 régions du Burkina Faso, 61 districts sanitaires et 1 175 formations sanitaires, il a permis de recueillir les perceptions et expériences de 13 571 personnes, incluant à la fois des usagers et des prestataires de soins. Les thématiques évaluées ont porté sur des services essentiels à fort impact sur la santé des populations, notamment : la prise en charge du VIH, du paludisme et de la tuberculose, la gratuité des soins pour les femmes et les enfants de moins de cinq ans, l’accès à la planification familiale, ainsi que le fonctionnement des agents de santé à base communautaire (ASBC) et des centres de santé. Les constats issus de ce suivi révèlent des avancées significatives dans l’amélioration des services, la disponibilité de certains services et la remontée d’informations du terrain.

Cependant, des défis majeurs subsistent :

Dysfonctionnements dans la mise en œuvre de la gratuité, l’inégalités d’accès aux services selon les zones, et limites dans la redevabilité des prestataires et responsables de structures. Ce rapport se veut à la fois un outil de veille, un levier de plaidoyer et un support d’aide à la décision pour améliorer la gouvernance sanitaire. Il appelle à un renforcement des mécanismes de redevabilité communautaire, à une écoute plus attentive des voix des usagers, et à une collaboration intersectorielle plus soutenue pour répondre efficacement aux attentes des populations. Les acteurs communautaires à travers le CLM OCASS, réaffirme son engagement à accompagner les communautés et les autorités sanitaires dans la consolidation d’un système de santé plus juste, plus transparent et plus inclusif, en phase avec les principes de la couverture sanitaire universelle et du respect des droits humains en santé.
 

Quelques tableaux récapitulatifs

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Météo du 24 janvier 2026 (valable jusqu’au 25 janvier 2026 à 12h)
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* Légères réductions possibles dans certaines grandes villes à cause de la poussière, surtout le matin et en fin de journée
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Conseils du jour :
Portez des vêtements chauds le matin
Protégez vos yeux et voies respiratoires face à la poussière
Redoublez de prudence sur les routes en cas de visibilité réduite