La commémoration en différé de la Journée mondiale de Lutte contre le Sida s’est tenue le 05 décembre 2025 au Burkina Faso. Une occasion pour le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Kargougou, de faire le bilan des forces et faiblesses et penser aux solutions les plus idoines pour relever les multiples défis.
La situation épidémiologique du Burkina Faso est caractérisée par une épidémie de type mixte avec une prévalence de moins de 1% en population générale. Elle se distingue en plus par des poches de concentration au sein des groupes spécifiques avec des disparités selon le sexe, les sous-groupes de populations et selon les régions sanitaires.
Les résultats enregistrés en 2024 témoignent de progrès significatifs. La prévalence est passée de 7,17 % en 1997 à 0,5 % en 2024. 894 408 femmes enceintes ont été dépistées dans le cadre de la triple élimination VIH, syphilis et hépatite B. La cascade 3×95 révèle que 89 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, 100 % des personnes dépistées positives sont sous traitement, mais seulement 66 % disposent d’une charge virale supprimée, un défi majeur à relever pour atteindre les objectifs de 2030.
« Ces données nous interpellent sur la nécessité de poursuivre et de renforcer nos efforts pour être au rendez-vous de 2030, à savoir l’élimination du Sida », a insisté le ministre, Dr Robert Lucien Kargougou.
Le ministre a également évoqué les défis persistants, notamment la mobilisation des ressources pour assurer une disponibilité permanente des traitements et autres intrants de lutte contre le VIH, le renforcement de la mise en œuvre de la prévention combinée à l’endroit des groupes vulnérables dont les adolescents et jeunes, les PDI, les FDS et VDP, le renforcement de la prise en charge pédiatrique et l’amélioration de la suppression virale. La réduction des financements internationaux oblige désormais à intensifier la mobilisation des ressources internes pour garantir la continuité des services.
Le thème de cette année, « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida », retenu au niveau international comme national, rappelle la nécessité pour le Burkina Faso de faire preuve de résilience afin de maintenir les acquis et assurer la pérennité de la riposte au Sida dans un contexte en pleine mutation.
La cérémonie a également été marquée par la distinction de treize personnalités et 18 structures pour leur engagement exemplaire dans la lutte contre le Sida.

Dr Seydou Ouattara, Secrétaire Permanent du CNLS-IST, Président du Comité National d’Organisation a salué les résultats « fort appréciable » obtenus au Burkina Faso. Malgré la crise de financement au niveau international et la réduction des budgets, des acquis à savoir la mobilisation continue des ressources, la gratuité du traitement et des examens biologiques, ainsi que l’implication des acteurs communautaires ont été engrangé. « Ces résultats obtenus grâce à l’accompagnement des plus hautes autorités ont permis de réduire de façon soutenue, la prévalence du VIH qui est passée de 7,17% en 1997 à 0,5% à nos jours. », a-t-il indiqué. Cependant, Dr Ouattara a insisté sur la nécessité de renforcer les actions ciblées, notamment en faveur des adolescents, des jeunes, des personnes déplacées internes et des forces de défense et de sécurité.

Dr Seydou Ouattara, Secrétaire Permanent du CNLS-IST, Président du Comité National d’Organisation
Il a enfin appelé à davantage de mobilisation et de synergie autour du SP/CNLS-IST pour des actions novatrices axées sur l’atteinte des résultats.
Le Directeur Pays de l’ONUSIDA, Dr Joy Backory, représentant les partenaires techniques et financiers, a salué les avancées importantes réalisées par le Burkina Faso dans le domaine de la santé numérique. Il a notamment cité les plateformes RESINA, DHIS2 et ENDOS, qui renforcent la fiabilité des données, la traçabilité des approvisionnements et la qualité de la prise de décision.

Dr Joy Backory, Directeur Pays de l’ONUSIDA, représentant des Partenaires techniques et financiers
Selon lui, ces progrès ne sont pas théoriques. Appliquées à la riposte au VIH, ces solutions numériques permettent un meilleur suivi des cascades 95-95-95, une gestion optimisée des produits essentiels et un pilotage renforcé au niveau des districts et des régions. « Ces progrès démontrent que, malgré un contexte sécuritaire et humanitaire difficile, le pays dispose d’atouts réel pour maintenir le cap ou si besoin de redresser la barre vers la fin du Sida », a-t-il souligné.
Le représentant de l’ONUSIDA a insisté sur la nécessité d’assurer un accès équitable aux services pour tous et toutes. Citant le Secrétaire général des Nations Unies, il a rappelé que « le sida peut être vaincu si les droits de chacun et chacune, partout dans le monde, sont protégés ».
Wendaabo Cathérine KOURAOGO













