Face aux défis persistants de la malnutrition infantile et aux pratiques commerciales inappropriées autour des Substituts du lait maternel (SLM), les autorités administratives, communautaires et sanitaires ont pris part, le 30 janvier 2026, à la mairie de Ouargaye, à un atelier de sensibilisation stratégique organisé dans le cadre du projet «SONG TAABA». Cette rencontre avait pour objectif de renforcer la compréhension et l’application du code international de commercialisation des SLM, un instrument clé de protection de la santé du nourrisson.
Ouvert par le Dr Marou Nikiéma, Médecin-chef du district sanitaire (MCD) de Ouargaye, l’atelier a rassemblé des autorités locales, des responsables sanitaires et des acteurs institutionnels et communautaires autour d’un enjeu majeur : préserver l’allaitement maternel contre les influences commerciales et garantir une utilisation correcte des SLM lorsqu’ils sont médicalement nécessaires. M. Nikiéma a rappelé que la protection de l’allaitement maternel est un impératif de santé publique.
Au Burkina Faso, le décret N 2022-0313/PRES-TRANS/PM/MEFP/MSHP/MARAH/MDICAPME/MGF définit les règles relatives à leur commercialisation, les mécanismes de suivi renforcés et les sanctions dissuasives.
Ainsi, les communications techniques ont permis de rappeler que le code ne concerne pas uniquement le lait infantile, mais l’ensemble des produits pouvant se substituer au lait maternel, notamment le lait de suite et de croissance pour les enfants jusqu’à trois ans, les biberons, les tétines, certaines eaux embouteillées et les aliments promus pour les nourrissons de moins de six mois.
Les facilitateurs ont également mis en lumière les multiples formes de publicité et de promotion interdites, telles que la distribution d’échantillons gratuits aux mères, l’octroi de cadeaux ou de bons de réduction, la promotion dans les médias (radio, télévision, affichage, presse écrite), ou encore la présence de supports publicitaires au sein des établissements de santé. Selon le formateur, Amidou Yankina, responsable de la promotion de la santé du district de Ouargaye, ces pratiques augmentent significativement le risque d’abandon précoce de l’allaitement maternel, même chez les mères initialement engagées dans l’allaitement exclusif.

Un accent particulier a été mis sur les violations du code observées sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, à travers des applications mobiles, des messages promotionnels déguisés ou encore des stratégies d’approbation par association, impliquant parfois des agents de santé. Des exemples concrets relevés au Burkina, notamment des panneaux publicitaires, des étalages promotionnels dans certaines pharmacies ou des messages trompeurs sur des bouteilles d’eau prétendument « adaptées aux bébés » ont permis d’illustrer la réalité du phénomène.
Les échanges ont également rappelé les responsabilités des agents et structures de santé, appelés à jouer un rôle de sentinelles. Il leur est notamment interdit d’accepter des cadeaux, équipements, financements ou formations sponsorisées par les entreprises de SLM, et de permettre toute forme de promotion commerciale dans les structures sanitaires. Leur mission première demeure la protection, la promotion et le soutien de l’allaitement maternel, dans l’intérêt supérieur de l’enfant.

Point culminant de l’atelier, les participants ont relevé la nécessité de renforcer la sensibilisation communautaire en faveur du respect du code SLM, d’accroitre la vigilance communautaire et l’intégration de ces principes dans les actions locales de santé publique. Des engagements qui traduisent une volonté politique affirmée qui est de lutter contre les dérives commerciales et de préserver les acquis en matière de nutrition infantile.
Céline Zombré/Soulé, Coordonnatrice provinciale des femmes du Koulpélogo, n’a pas manqué d’apprécier à sa juste valeur la pertinence et la qualité de la formation. Elle a par ailleurs confié que les connaissances reçues seront bénéfiques pour les associations des femmes membres de sa faîtière ainsi qu’aux jeunes femmes et aux mères.
En clôturant les travaux, le RESONUT a salué la mobilisation des participants et rappelé que la sensibilisation des décideurs locaux constitue un levier essentiel pour une application effective du code. À travers cette initiative, le projet «SONG TAABA» réaffirme son rôle de catalyseur dans la promotion de pratiques nutritionnelles saines, équitables et conformes aux normes nationales.

Mis en œuvre par le RESONUT et Action contre la Faim (ACF), «SONG Taaba» est un projet multisectoriel de réponse d’urgence pour les communautés affectées par la crise dans la région du Nakambé. Il vise à renforcer la prévention et la prise en charge de la sous-nutrition aiguë dans les communes de Ouargaye et du Yargatenga, situées dans la province du Koulpélogo, au bénéfice des Personnes déplacées internes (PDI) vulnérables et des populations hôtes affectées par la crise sécuritaire.













