« Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du Plan National de Développement 2026‑2030 », c’est sous ce thème que se tient l’édition 2026 du Forum national sur le financement de la santé au Burkina Faso depuis ce mercredi 25 mars 2026 à Ouagadougou.
Véritable plateforme stratégique de dialogue, de partage d’expériences et de formulation de solutions innovantes pour renforcer la mobilisation des ressources et améliorer la performance du financement du système de santé du pays, ce forum a pris sa vitesse de croisière à travers la conférence inaugurale et le panel de haut niveau qui a réuni les ministres burkinabè de l’Economie et des Finances ; de la Santé et celui des Serviteurs du Peuple.

Dr Aboubacar Nacanabo, ministre de l’Economie et des Finances
Dans un cours magistral, Dr Aboubacar Nacanabo, ministre de l’Economie et des Finances fait remarquer que le Burkina à l’instar d’autres pays africains, a eu un système de santé qui fonctionne comme une connexion internet instable : « quand le financement extérieur est là, tout marche mais dès qu’il s’arrête, tout s’arrête. »
Tout en déplorant cet état de fait, Dr Nacanabo martèle que « la souveraineté sanitaire ne se proclame pas mais qu’elle se finance. » Pour lui, il est donc impérieux de protéger les plus vulnérables pour assurer la justice sociale. « Le financement de la santé n’est pas un lux mais une nécessité qui repose sur le financement endogène. Cependant, il est nécessaire de garantir l’utilisation efficace et efficiente des ressources allouées au secteur », conclut l’argentier du gouvernement de la Révolution progressiste.
Cette conférence pose ainsi les bases conceptuelles du forum. Notamment : « Comment un financement endogène peut-il consolider la souveraineté nationale ? »

Dr Robert Lucien Kargougou, ministre de la Santé
Face aux défis sanitaires et aux besoins croissants et légitimes des populations, le ministre de la Santé, Robert Lucien Kargougou tout en rassurant son collègue des Finances, indique qu’il est indispensable d’explorer de nouvelles approches de financement, fondées sur la solidarité nationale, l’efficacité des dépenses publiques et la contribution de l’ensemble des parties prenantes.

Dr Robert Lucien Kargougou rassure aussi que désormais, l’accent sera mis sur la responsabilité non seulement des donateurs mais également celle des utilisateurs du matériel lourd du système de santé afin de minimiser les pannes. Désormais, il sera exigé des donateurs, le transfert des compétences pour assurer la maintenance de ces appareils. La digitalisation s’avère un pan important de ces réformes, à commencer par la plateforme SYSPROG qui permet désormais d’organiser les gardes dans les établissements publics de santé.

Mathias Traoré, ministre des Serviteurs du Peuple
En parallèle, le pays a engagé des réformes sans précédent, notamment, le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU) lancé le 1er février 2026 dont la phase pilote est en cours et ne concerne pour le moment que les agents de la fonction publique qui se sont fait volontairement enrôler. Le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré à insisté sur la nécessité pour les populations à se faire enrôler le moment venu pour bénéficier des services de l’AMU qui seront élargi à l’ensemble de la population à partir du mois de juillet 2026.
Azonhandé Abel
















