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FONAFIS 2026 : le Burkina Faso trace la voie vers une santé souveraine et autofinancée

Le coup d’envoi de la première édition du Forum National sur le Financement de la Santé (FONAFIS) a été donné ce 25 mars 2026 à Ouagadougou. C’est le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo qui a conduit la cérémonie, au nom du Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré. Membres du gouvernement, experts, Partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile et délégations étrangères ont répondu présent à ce rendez-vous que les autorités burkinabè présentent comme un moment charnière pour l’avenir du système de santé national.

Avant même d’évoquer les chantiers à venir, le Premier ministre fait le constat que pendant trop longtemps, le Burkina Faso a construit sa politique sanitaire sur des financements venus de l’extérieur. Ce temps-là, a-t-il affirmé, est désormais révolu. « Pendant des décennies, nous avons tendu la main pour des financements et de l’expertise. Ce temps est à jamais révolu, car la souveraineté sanitaire est au cœur du projet de transformation nationale que nous portons. » Le ton est donné : le pays entend désormais fixer lui-même ses priorités, mobiliser ses propres ressources et former ses cadres de santé en adéquation avec ses réalités.

Le Chef du gouvernement n’a pas manqué de saluer les résultats obtenus sous l’impulsion du chef de l’Etat. Notamment les avancées dans les soins spécialisés et le renforcement des ressources humaines à travers l’initiative présidentielle « 1000 x 5 ». Mais il a surtout martelé l’urgence de rompre avec les anciens schémas. « Plus d’un tiers des dépenses de santé est supporté directement par les ménages », a-t-il relevé, pointant là une fragilité structurelle qui pèse lourdement sur les familles les plus démunies. Pour y remédier, plusieurs orientations stratégiques ont été tracées, notamment mobiliser davantage les ressources internes, avancer sur la couverture sanitaire universelle, produire localement médicaments et équipements, et améliorer la gouvernance du secteur.

C’est une autre lecture du financement de la santé qu’a proposée le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, parrain de la cérémonie. Plutôt que d’aborder le secteur sous l’angle de la contrainte budgétaire, il a choisi d’en faire un argument de développement. « La santé n’est pas une dépense, elle est une puissance », a-t-il affirmé, rappelant qu’un peuple en bonne santé est un gage de cohésion sociale, de stabilité et de croissance. Il a appelé à explorer des voies de financement novatrices et à renforcer la collecte des ressources nationales, dans un cadre rigoureux de transparence et d’efficacité.

Les Partenaires techniques et financiers n’ont pas manquer à l’appel

Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Kargougou, a pour sa part dressé le cadre opérationnel du forum. Les travaux des deux prochains jours, organisés en vingt-sept sessions thématiques, s’attelleront à approfondir trois grandes thématiques que sont la souveraineté sanitaire et l’alignement des partenaires sur les priorités nationales, la mobilisation et la gestion efficiente des ressources, et la protection des populations à travers la gratuité des soins et l’Assurance maladie universelle.

Des délégations venues du Bénin, du Tchad, du Rwanda, du Ghana, de la Thaïlande, du Maroc… enrichiront les échanges par leurs expériences respectives. Non pour servir de modèles à reproduire, mais pour alimenter une réflexion que le Burkina Faso entend conduire à sa propre manière, en tenant compte de ses spécificités. En ouvrant officiellement les travaux, le Premier ministre a fixé l’horizon, jeter les fondations d’un système de santé souverain, solide, et véritablement pensé pour les Burkinabè.

Farida Sawadogo

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