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Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments 2026 : le Burkina Faso mobilisé pour un accès universel à des aliments sûrs

Le 7 juin 2026, le Burkina Faso célèbre, comme chaque année, la Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments, instituée par les Nations Unies pour sensibiliser aux risques liés à l’alimentation et renforcer les systèmes de contrôle. Cette édition, placée sous le thème « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », est l’occasion de faire le bilan des avancées, des défis persistants et des solutions à l’œuvre dans un pays confronté à des enjeux sanitaires, sécuritaires et socio-économiques complexes. Tour d’horizon avec les principaux acteurs.

Cette commémoration intervient dans un contexte où les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers, les organisations de consommateurs et les acteurs du secteur alimentaire multiplient les initiatives pour réduire les risques liés aux aliments et protéger la santé des populations. Si des progrès notables sont enregistrés, les défis restent nombreux, notamment face à l’ampleur du secteur informel, à l’insuffisance des moyens de contrôle et à la nécessité de renforcer les comportements favorables à la sécurité alimentaire.

Au Burkina Faso, la sécurité sanitaire des aliments demeure une préoccupation majeure. Les toxi-infections alimentaires continuent d’affecter des populations dans plusieurs régions du pays. Entre 2012 et 2024, plus d’une vingtaine de décès causés par des toxi-infections alimentaires ont été enregistrés dans diverses localités : huit (8) à Dahal-Kpanga dans la région du Djôro et six (6) à Pella dans la région de Nando ; à cela s’ajoute huit (8) autres décès survenus à Fada N’Gourma dans la région du Goulmou en 2024 (source, ministère de la santé).

Un enjeu majeur de santé publique

Pour la Représentation de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ces chiffres traduisent l’urgence de renforcer les systèmes de prévention, de surveillance et de réponse aux risques sanitaires tout au long de la chaîne alimentaire.

« Le défi est de trouver rapidement les voies et moyens pour améliorer la sécurité sanitaire des aliments à tous les niveaux. Cela exige une fédération des efforts, une complémentarité des actions et une synergie entre tous les acteurs concernés », souligne l’institution onusienne.

Des avancées concrètes grâce à la coopération internationale

Point focal du Réseau international des autorités de sécurité sanitaire des aliments (INFOSAN), Abdoulaye Gueye met en avant les progrès réalisés ces dernières années grâce à l’appui de la FAO et du Grand-Duché de Luxembourg.

Abdoulaye Gueye, Point focal INFOSAN

Depuis novembre 2023, un projet de renforcement des capacités de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments est mis en œuvre. Il a permis notamment de réaliser un diagnostic sanitaire de l’alimentation de rue à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, d’organiser des formations spécialisées et de renforcer les équipements de laboratoires dédiés à la sécurité sanitaire des aliments.

Parallèlement, plusieurs initiatives ont été menées au profit des petites et moyennes entreprises agroalimentaires. Entre 2022 et 2025, près de 60 PME ont bénéficié de formations sur les bonnes pratiques d’hygiène, les bonnes pratiques de fabrication et les normes internationales de sécurité alimentaire. Dix-sept entreprises des filières lait et viande ont également reçu des équipements adaptés à leurs besoins.

Dans le domaine de l’alimentation de rue, la FAO soutient actuellement un programme de formation et d’accompagnement des restaurateurs de rue afin d’améliorer les conditions d’hygiène dans les marchés et espaces de restauration populaire.

Le Plan national de réponse aux urgences désormais opérationnel

Parmi les avancées majeures figure le Plan national de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments (PNRUSSA), lancé officiellement le 9 juillet 2025. Loin d’être resté lettre morte, ce plan a immédiatement été mis à l’épreuve lors d’un exercice grandeur nature organisé à Bobo-Dioulasso. Le scénario simulait une alerte dans une ville fictive : malaises graves après consommation de viande, avec le décès d’un enfant. En moins de deux heures, la cellule de crise était installée sous l’autorité du gouverneur, réunissant autour de la table les acteurs de la santé, de l’élevage, de l’environnement, de l’hygiène, de la police et de la communication.

« L’exercice nous a montré les insuffisances sur les circuits d’alerte, les fiches d’investigation, la communication avec les communautés. Ces lacunes ont été prises en compte par le comité technique. Aujourd’hui, le PNRUSSA est opérationnel. Quand une alerte remonte, on sait qui fait quoi », souligne M. Gueye avec pragmatisme.

Quatre défis structurels restent néanmoins identifiés : le poids du secteur informel qui nourrit la grande majorité de la population ; les capacités de détection limitées hors des grandes villes ; la coordination encore insuffisante entre les ministères concernés (santé, agriculture, élevage, commerce) ; et le changement de comportement des acteurs de la chaîne alimentaire, des producteurs aux consommateurs. « L’accès universel à des aliments sûrs, ce n’est pas un slogan pour nous. C’est ce qu’on essaie de construire, alerte après alerte »,conclut-il.

Une surveillance accrue des aliments consommés

Aujourd’hui, le PNRUSSA est pleinement opérationnel. Il permet de coordonner les interventions, de documenter les actions entreprises et d’assurer une réponse rapide en cas d’urgence sanitaire liée aux aliments.

À l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT), anciennement Laboratoire national de santé publique, Nikiéma Fulbert, Directeur du Contrôle des Aliments et de la Nutrition Appliquée (DCANA), dresse un bilan mesuré. « Globalement, nous contrôlons les aliments de façon croissante et les résultats sont globalement satisfaisants. Cependant, à mi-année 2026, nous enregistrons environ 9 % de non-conformités portant sur la microbiologie, la physico-chimie, la toxicologie et la nutrition », précise-t-il.

Nikiéma Fulbert, Directeur du Contrôle des Aliments et de la Nutrition Appliquée (DCANA)

Les analyses portent sur la recherche de germes pathogènes, les contaminants chimiques tels que les métaux lourds, et les mycotoxines — ces substances produites par des moisissures et particulièrement présentes dans les céréales stockées. Si ces résultats témoignent d’une amélioration progressive, le directeur rappelle une limite structurelle : « Nous ne pouvons pas tenir compte des produits qui entrent par la fraude et qui échappent au contrôle. Nos frontières sont poreuses. »

Pour améliorer l’efficacité du système, l’ANSSEAT a vocation à évoluer vers un modèle de Food and Drug Administration (FDA) doté de pouvoirs étendus. Nikiéma Fulbert plaide aussi pour un changement de paradigme : « Il faut mettre l’accent sur la prévention. Si les populations tombent moins malades, les hôpitaux seront moins fréquentés, non pas pour des raisons financières ou logistiques, mais simplement parce qu’elles seront en meilleure santé. »Il insiste également sur l’intérêt économique pour les entreprises de faire contrôler leurs produits : gage de qualité, de crédibilité et de protection contre les litiges.

Les consommateurs tirent la sonnette d’alarme

Du côté de la société civile, le constat est alarmant.« Nos marchés sont envahis par des produits alimentaires non conformes : huiles, laits, boissons, vinaigres et eaux minérales de qualité douteuse. L’alimentation de rue, pourtant vitale pour de nombreuses familles, reste exposée à des risques sanitaires majeurs, faute d’hygiène et de contrôles réguliers »,alerte Marcel Kouaraogo, président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB).

Marcel Kouaraogo, président de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB)

Le dispositif de contrôle, affaibli par le manque de moyens matériels et humains, laisse les populations exposées à des dangers biologiques (microbes), chimiques (résidus de pesticides) et physiques (métaux lourds, corps étrangers). Cette situation fragilise la confiance des consommateurs, convaincus que certains opérateurs commerciaux privilégient la rentabilité au détriment de la santé publique.

Les attentes de la LCB sont claires : renforcer les inspections, appliquer strictement les normes, accompagner les petits producteurs et restaurateurs pour améliorer leur hygiène, intensifier les campagnes de sensibilisation, et responsabiliser les entreprises agroalimentaires afin de garantir des produits sains, accessibles et respectueux des droits des citoyens.

Quatre grands défis à relever

Pour les spécialistes de la sécurité sanitaire des aliments, quatre défis majeurs persistent au Burkina Faso.

Le premier concerne le secteur informel, qui assure une part importante de l’approvisionnement alimentaire des populations. La professionnalisation des acteurs et le développement de contrôles davantage axés sur le conseil apparaissent comme une nécessité.

Le deuxième défi réside dans les capacités de détection des risques. Si Ouagadougou et Bobo-Dioulasso disposent de laboratoires performants, le prélèvement, la conservation et l’analyse rapide des échantillons demeurent complexes dans les zones éloignées.

La coordination entre les différents secteurs – santé, agriculture, élevage, commerce et collectivités territoriales – constitue le troisième défi, particulièrement dans les zones à fort contexte sécuritaire.

Enfin, le changement de comportement des consommateurs et des professionnels de l’alimentation reste un chantier essentiel. Conservation des aliments, respect des règles d’hygiène et gestion appropriée des intoxications alimentaires figurent parmi les pratiques à promouvoir davantage.

L’appui de la FAO : des projets concrets pour une sécurité alimentaire durable

Avec plus de 50 ans d’expérience dans l’assistance technique sur les questions de salubrité des aliments, la FAO est un partenaire central du Burkina Faso dans ce domaine. Plusieurs projets illustrent l’engagement de la FAO au Burkina Faso. Le projet GCP/SEN/072/LUX, cofinancé par le Luxembourg, a permis l’élaboration du PNRUSSA et son test en simulation réelle. De 2022 à 2025, le projet financé par la Banque africaine de développement (BAD) a formé une soixantaine de PME aux normes d’hygiène et de bonnes pratiques de fabrication, et équipé 17 entreprises des filières lait et viande. Par ailleurs, un prototype de tricycle frigorifique pour le transport de la viande a été développé en partenariat avec l’IRSAT/CNRST.

Le projet GCP/SFW/517/LUX, actuellement en cours au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, cible spécifiquement la qualité sanitaire de l’alimentation de rue. Il a déjà permis la formation du réseau national INFOSAN, la mise en place d’un classement des aliments selon le niveau de risque, et l’attribution d’un prix d’excellence à l’occasion de la Semaine nationale de la culture Bobo2026, récompensant les trois meilleurs restaurateurs de rue avec un montant global de 2 250 000 FCFA. Prochainement, des plans de surveillance seront mis en place dans des marchés et yaars de Ouagadougou.

Pour la FAO, le défi est d’amener tous les secteurs concernés à faire cause commune : « Il faudra de la complémentarité, de la synergie d’actions, de l’apprentissage mutuel et de l’échange d’expériences »,souligne l’organisation, dont la vision reste de renforcer durablement les capacités nationales pour protéger la santé des populations, « de la ferme à l’assiette ».

Construire ensemble l’accès universel à des aliments sûrs

Le thème retenu cette année,« Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs », traduit l’ambition des autorités et de leurs partenaires de passer d’une logique de gestion des crises à une approche durable de prévention.

Pour Abdoulaye Gueye, les signaux sont encourageants : « Nous portons ce fardeau ensemble, mais nous voyons également les solutions émerger : un plan qui fonctionne, des acteurs qui collaborent et une prise de conscience croissante. L’accès universel à des aliments sûrs n’est pas un slogan ; c’est un objectif que nous construisons jour après jour. »

À travers le renforcement des contrôles, la modernisation des laboratoires, l’accompagnement des producteurs et des restaurateurs, ainsi que l’amélioration des mécanismes d’alerte, le Burkina Faso entend poursuivre sa marche vers un système alimentaire plus sûr, plus résilient et plus protecteur de la santé de tous.

Un chantier collectif, une ambition partagée

À l’occasion de cette Journée internationale, la convergence des voix est frappante : qu’il s’agisse des institutions publiques, des organisations internationales ou de la société civile, tous s’accordent sur la nécessité d’une approche intégrée, associant contrôle, prévention, sensibilisation et renforcement des capacités. Le thème de 2026, « Du fardeau aux solutions », résonne comme un appel à l’action collective. Des progrès ont été accomplis — un plan national opérationnel, des laboratoires renforcés, des PME formées, des restaurateurs primés. Mais l’universalité de l’accès à des aliments sûrs reste un horizon à atteindre, dans un contexte où les défis sécuritaires, le secteur informel et les moyens limités continuent de peser lourd.

Abel Azonhandé

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 Météo du 05 juin 2026 (valable jusqu’au 06 juin à 12h)
Régime de mousson faible à modéré sur l’ensemble du pays.
Ciel nuageux à très nuageux.
À partir de cette nuit et surtout dans la journée de demain :
Orages et pluies possibles sur la majeure partie du territoire.
Températures :
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Information météorologique - 30 mai 2026 à 16h25
L'image satellite de 16h15 montre des foyers orageux actifs sur plusieurs secteurs du pays.
Des cellules orageuses sont actuellement observées :
📍 dans la région de la Tapoa ;
📍 dans la région du Goulmou ;
📍 dans certaines localités du Guiriko ;
📍 ainsi dans le Nakambe.
Au cours des prochaines heures, ces orages pourraient poursuivre leur évolution et concerner d'autres localités des régions du Goulmou, du Nakambé, du Nazinon, du Nando, des Bankui, du Guiriko, du Djôrô et des Tannounyan.
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