Face à un ennemi commun qui ignore les frontières, le Burkina Faso et le Togo unissent leurs forces. Ce lundi 20 juillet 2026, les deux pays ont lancé conjointement, à Cinkansé et Cinkassé, leur campagne de Chimio-prévention du Paludisme Saisonnier (CPS+).
Le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité au Burkina Faso comme au Togo, et au-delà, dans toute la sous-région. Face à ce constat partagé, les autorités sanitaires des deux pays ont décidé de ne plus agir chacune de leur côté. Elles ont opté pour une administration gratuite des médicaments préventifs aux enfants de 3 à 59 mois, avec un calendrier volontairement rapproché : la campagne a démarré le 20 juillet au Togo, puis le 23 juillet au Burkina Faso.
Les premières doses ont été administrées symboliquement par les deux ministres de la Santé en personne : Robert Lucien Kargougou pour le Burkina Faso et Jean-Marie Tessi pour le Togo.

Les ministres togolais et burkinabè de la Santé
Pour le ministre togolais, cette synchronisation répond à un impératif d’efficacité. « Il est important que les deux pays s’alignent pour optimiser les moyens, les ressources humaines, la logistique, les produits, afin de donner le maximum de chances et ne pas laisser des enfants échapper à cette campagne, parce qu’ils ont suivi leurs parents sur le trajet des deux pays », a-t-il expliqué. Il a conclu sur une note d’engagement durable : « Nous prenons l’engagement ensemble que nous aurons d’autres initiatives de même type pour la santé de nos populations. »
Du côté burkinabè, le ministre Kargougou a résumé l’esprit de cette alliance sanitaire par une formule frappante : « Le paludisme ne connaît pas de frontières. Le moustique ne prend pas de passeport. Le moustique ne s’embarrasse pas de la documentation pour aller et venir. » Selon lui, seule une réponse coordonnée et solidaire, synchronisée entre les deux pays, permet d’espérer des résultats réellement probants.
Il y voit également une porte d’entrée vers une coopération plus large : « Je voudrais donc croire fermement que c’est juste le début d’une coopération sanitaire qui sera renforcée (…) parce que nous allons utiliser cette porte d’entrée de la chimio-prévention du paludisme saisonnier synchronisée pour explorer d’autres voies en matière de renforcement de la surveillance épidémiologique, de renforcement de la vaccination et de renforcement des systèmes de santé. »

Sur le terrain, la campagne se déroulera du 23 au 26 juillet 2026. Les populations frontalières sont invitées à y adhérer pleinement et à réserver bon accueil aux distributeurs communautaires, agents de santé à base communautaire et agents de santé qui iront à la rencontre des enfants, où qu’ils se trouvent.
Abel Azonhandé
















