La Ligue des Consommateurs du Burkina Faso (LCB) a organisé une conférence de presse, ce jeudi 28 août 2025, pour réitérer son engagement en faveur de la défense des droits des consommateurs et pour appeler à une meilleure régulation économique face à certaines dérives observées sur le marché.
Face aux hommes et femmes des médias, le président de l’organisation, Dasmané Traoré a dressé un bilan des efforts du gouvernement, dénoncé les spéculations sur le marché des motos et lancé des appels urgents à la régulation du système éducatif et des pratiques commerciales. D’entrée de jeu, la LCB a salué les actions courageuses entreprises par les autorités burkinabè ces derniers mois. Parmi elles, le renforcement du contrôle des prix et de la qualité des produits de grande consommation, la vente de céréales à prix social via la SONAGESS, les opérations de salubrité dans les quartiers, l’offensive agrosylvopastorale et halieutique, ainsi que l’extension progressive de l’assurance maladie universelle.
La Ligue a également salué les réformes institutionnelles, la lutte contre la corruption, les programmes sociaux en faveur des jeunes et des femmes, les actions de Faso-Mebo, l’augmentation du parc de la SOTRACO, ainsi que les investissements dans les infrastructures sociales.
« Ces actions, non exhaustives, traduisent une gouvernance plus proche des réalités du terrain », a noté le président de la LCB, tout en encourageant le gouvernement à poursuivre dans cette dynamique pour le bien-être des populations.
La question de la hausse injustifiée des prix des motos et motocyclettes a constitué l’un des points saillants de cette rencontre. La LCB a dénoncé une spéculation « inacceptable », qui frappe de plein fouet les jeunes et les familles modestes.

Dasmané Traoré, Président de la LCB
L’organisation a rappelé avoir mené des démarches auprès du Syndicat burkinabè des importateurs et vendeurs de motos, de la Direction générale des douanes et de la Brigade mobile de contrôle et répression des fraudes. Elle a également soutenu l’opération gouvernementale « Journée sans pitié » du 14 juillet 2025 et la date butoir du 16 août 2025 fixée pour la régularisation des prix.
Cependant, « force est de constater que les prix restent inchangés et que de nombreux vendeurs n’affichent même pas les prix », a regretté le premier responsable de LCB, qui s’interroge sur le silence des autorités. C’est pourquoi l’organisation appelle le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a s’impliquer personnellement pour faire la lumière sur la vente des motos et par conséquent permettre la réduction de leur prix au bénéfice des consommateurs.
Par ailleurs, la Ligue a rappelé ses propositions formulées depuis juillet dernier, notamment :la suspension de tous les agréments octroyés pour la commercialisation des motos ; la redéfinition des critères d’octroi des agréments ; la mise en place d’une commission nationale pour structurer les prix des motos et l’accélération de l’ouverture des boutiques témoins.

À la veille de la rentrée scolaire 2025–2026, la LCB a également attiré l’attention sur des pratiques préoccupantes signalées par de nombreux parents d’élèves. Il s’agit entre autres des frais de scolarité jugés excessifs dans certains établissements, des publicités trompeuses, des fournitures scolaires de qualité douteuse vendues à prix élevés, ainsi que des frais annexes souvent injustifiés sous l’appellation de cotisations APE, assurance, sport ou activités culturelles.
Ces pratiques, selon l’organisation, nourrissent un sentiment d’injustice et fragilisent davantage les familles vulnérables. La LCB exige donc une régulation stricte et un contrôle systématique des frais de scolarité et des fournitures scolaires afin de garantir un accès équitable à l’éducation.
Dans son engagement pour une consommation responsable, la LCB a mis en avant son partenariat avec l’ONG Humundi, grâce auquel a été lancé le numéro vert 80 00 11 71, baptisé Alerte Consommateur. Accessible gratuitement via le réseau Telmob, ce dispositif permet de signaler tout produit dangereux, toute pratique commerciale douteuse ou tout abus sur les prix. « Alors consommateur, ne nous taisons plus. Appelons, dénonçons, agissons ! », a exhorté le président de la Ligue, convaincu que chaque signalement constitue un pas vers plus de justice économique et sociale.
Pour terminer, la LCB a invité l’ensemble des consommateurs burkinabè à rester vigilants et à faire entendre leur voix. Pour l’organisation, « le silence face à l’injustice n’est pas une option ».
Cathérine KOURAOGO













