Le Centre d’Études et de Recherche Appliquées en Finances Publiques (CERA-FP) a conduit deux projets de renforcement de la gouvernance locale dans 6 communes du Burkina Faso dans le cadre du projet « Planification participative et suivi communautaire de l’accès aux services sociaux de base pour une amélioration de la gouvernance locale ». Au terme de la mise en œuvre desdits projets de 2022 à 2025, l’objectif principal qui était de renforcer la société civile et d’améliorer la gouvernance locale a été « atteint ». C’est du moins ce qui ressort de la restitution qui a faite aux parties prenantes ce mardi 30 septembre 2025 à Ouagadougou.
Soutenir la participation active des femmes, des jeunes et des personnes handicapées dans les instances de décision ; renforcer le suivi communautaire en fournissant à ces groupes des outils pour évaluer les services publics ; améliorer la redevabilité et revendiquer leurs droits d’accès aux services essentiels, tels étaient les objectifs spécifiques de ces deux projets mis en œuvre dans les communes de Bagassi, Pâ, Founzan, Korsimoro, Ziniaré et Nagréongo.
A entendre Amin Yacer Zoungrana, chargé de projet au CERA-FP, « les projets ont démontré qu’une gouvernance locale participative, fondée sur la redevabilité, la transparence et l’inclusion citoyenne, peut générer des changements durables tant sur le plan institutionnel que social. »
Les Comités de Dialogue et de Veille Citoyenne (CDVC) se sont révélés comme un instrument clé de transformation locale,en contribuant à la mobilisation des citoyens, au suivi des politiques publiques et au dialogue avec les autorités, en témoigne Saïdou Ganamé, point focal CDVC de Pâ.
Les résultats obtenus (infrastructures réhabilitées, services sociaux améliorés, renforcement des capacités des acteurs, meilleure appropriation budgétaire par les citoyens) traduisent des impacts concrets sur la qualité de vie des populations. À terme, l’expérience met en lumière l’importance de renforcer la pérennisation des CDVCcomme cadre institutionnalisé, d’élargir la démarche à d’autres communes et d’accompagner davantage les Organisation de la société civile et autorités locales dans une logique de co-construction du développement.
Ainsi, ces projets illustrent que la gouvernance participative n’est pas seulement un idéal démocratique, mais un outil pragmatique pour améliorer les services publics et renforcer la cohésion sociale.
Résultats et changements
Les résultats de ces deux projets ont contribué à plusieurs changements sociaux. Notamment, l’instauration d’une culture de participation citoyenne et de contrôle démocratique ; la restauration de la confiance entre autorités et citoyens, l’existence d’analyses et statistiques fiables pour orienter les politiques locales, les outils de redevabilité sont désormais utilisés au niveau communal, l’amélioration de la gouvernance locale et de la redevabilité, la cohésion sociale renforcée autour de la gestion communal, les populations de plus en plus conscientes de leurs droits et devoirs, le renforcement du contrôle citoyen et de la transparence, etc.
Des réalisations qui parlent d’elles-mêmes
Le projet « Planification participative et suivi communautaire de l’accès aux services sociaux de base pour une amélioration de la gouvernance locale » a permis aux populations des 6 communes de bénéficier de plusieurs réalisations. Il s’agit entre autres, de l’élaboration et la diffusion de budgets citoyens, l’organisation de journées de reddition de comptes, la production d’émissions radiophoniques, des budgets citoyens accessibles aux populations, les autorités locales qui rendent désormais compte publiquement, des citoyens mieux informés sur les budgets, etc.
En terme de chiffres, on note la réalisation de 12 émissions radios semestrielles ; 273 participants aux journées de reddition des comptes ; formations sur le processus budgétaire et le cadre légal ; sessions sur budget participatif et budgétisation sensible au genre ; renforcement des élus sur leurs rôles et responsabilités ; formations en plaidoyer ; communication et Mobile journalisme ; meilleure maîtrise du processus budgétaire ; capacités renforcées pour un contrôle citoyen efficace ; les acteurs locaux outillés en communication et mobilisation ; 36 personnes formées (30 CDVC, 2 journalistes, 3 élus, 1 comptable) ; 75 personnes formées sur le budget participatif et genre ; 75 acteurs formés sur leurs rôles et responsabilités ; 30 membres CDVC formés en plaidoyer et vidéos participatives ; 30 membres de CDVC formés en MOJO et réseaux sociaux ; la mise en place des CDVC ; la participation aux instances citoyennes ; l’organisation de 3 théâtres-forums réunissant 850 personnes ; de débats d’orientation budgétaire (DOB) ; création d’espaces de participation citoyenne et fonctionnels ; engagement accru des citoyens dans la gestion locale ; sensibilisation de masse sur le contrôle citoyen ; 3 CDVC mis en place à Pâ, Bagassi et Founzan de 10 membres chacun ; 18 instances citoyennes avec ; plus de 1 800 personnes touchées par le budget participatif.
Desleçons apprises et enseignements tirés, on note le rôle central des CDVC, la participation citoyenne comme moteur de changement, le renforcement des capacités, l’autonomisation des acteurs locaux, le partenariat et la collaboration constructive avec les autorités locales.













