Et si le sort de milliers de femmes enceintes burkinabè dépendait désormais d’une ligne budgétaire ? C’est le message fort porté par l’Association nationale des infirmiers et infirmières du Burkina Faso (ANII-BF), qui multiplie depuis 2024 les actions de plaidoyer pour faire inscrire les Micronutriments multiples (MMs) dans le budget national de l’État.
Un programme qui a fait ses preuves sur le terrain
Le Burkina Faso ne part pas de zéro. Aux côtés du Bangladesh, de la Tanzanie et du Madagascar, le pays fait partie des tout premiers à avoir expérimenté les MMs en remplacement du traditionnel Fer/acide folique, conformément aux nouvelles orientations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
La phase pilote, menée dans les Districts sanitaires de Yako et de Ziniaré entre juin 2021 et décembre 2022, a ouvert la voie à une extension progressive : 21 Districts sanitaires sur les 70 que compte le pays appliquent aujourd’hui ce protocole. Selon Abdoulaye Boena, président de l’ANII-BF, les résultats cliniques enregistrés confirment l’avantage de cette supplémentation pour les femmes enceintes, tout comme les échanges menés avec les autorités sanitaires nationales.

Abdoulaye Boena, président de l’ANII-BF
Le nerf de la guerre : 13 milliards de francs CFA
Mais généraliser ce succès à l’échelle nationale a un coût : 13 milliards de francs CFA. Une somme conséquente, alors même que les Partenaires techniques et financiers qui accompagnent l’État burkinabè dans cette lutte annoncent vouloir se désengager à long terme.
C’est précisément ce risque de rupture de financement qui a motivé la rencontre organisée ce samedi 25 juillet 2026 par l’ANII-BF avec des acteurs de terrain. L’objectif : dresser un état des lieux du processus et bâtir une feuille de route commune pour identifier des moyens de financement endogènes.

L’enjeu : rendre les MMs accessibles à moindre coût
Au-delà du plaidoyer budgétaire, c’est bien l’accessibilité des micronutriments multiples pour l’ensemble des populations qui est visée. L’ANII-BF milite pour que ces MMs soient disponibles dans toutes les formations sanitaires du pays, à un coût réduit pour les bénéficiaires.
Un plaidoyer qui place désormais l’État burkinabè face à un choix stratégique : prendre le relais financier des partenaires internationaux pour pérenniser un programme dont l’efficacité clinique n’est plus à démontrer.
Rappelons que l’ANII-BF est accompagné dans ce processus par ENDA/Santé.
Abel Azonhandé
















