La calvitie et la virilité masculine sont souvent associées dans les croyances populaires, mais la réalité scientifique est plus nuancée.
1- Pourquoi associe-t-on calvitie et virilité ?
La forme la plus fréquente de calvitie chez l’homme, appelée alopécie androgénétique, est liée à l’action des hormones androgènes.
Comme la testostérone est l’hormone sexuelle masculine par excellence, beaucoup de personnes ont conclu que les hommes chauves étaient plus virils ou avaient davantage de testostérone.
2- Que dit la science ?
La calvitie n’est pas causée par un excès de testostérone. Elle résulte principalement :
– d’une prédisposition génétique ;
– d’une sensibilité accrue des follicules pileux à la testostérone
Ainsi, un homme chauve peut avoir un taux de testostérone normal, faible ou élevé. De même, un homme avec une chevelure abondante peut avoir un taux élevé de testostérone.
3- La calvitie est-elle un signe de plus grande performance sexuelle ?
Non. Les études n’ont pas démontré que les hommes chauves :
– ont une libido plus importante ;
– sont plus fertiles ;
– ont de meilleures performances sexuelles ;
– ont un taux de testostérone systématiquement plus élevé.
La fonction sexuelle dépend de nombreux facteurs : état cardiovasculaire, équilibre hormonal, santé psychologique, qualité de la relation de couple, mode de vie, etc.
4- Existe-t-il malgré tout un lien hormonal ?
Oui, mais il est indirect. La testostérone joue un rôle dans :
– le développement des caractères sexuels masculins ;
– la croissance de la prostate ;
– la survenue de la calvitie chez les sujets génétiquement prédisposés.
Le problème n’est donc pas la quantité d’androgènes circulants, mais la manière dont les follicules pileux y réagissent.
La calvitie masculine ne constitue pas un marqueur fiable de la virilité, de la libido, de la fertilité ou des performances sexuelles. Elle traduit surtout une prédisposition génétique associée à la sensibilité des cheveux à la testostérone. L’idée selon laquelle « les hommes chauves sont plus virils » relève davantage d’un mythe populaire que d’une réalité scientifiquement démontrée.
Pr Charlemagne_Ouédraogo, Gynecologue-Obstétricien
















